Les Halles au Moyen-age

Origine des Halles de Paris

Avant Philippe Auguste, il y avait aux Champeaux un marché au blé en plein air. Philippe-Auguste y fit transférer en 1181 « la foire St Lazare » qui est à l’origine du quartier des Halles. Cette foire se trouvait entre l’église Saint-Laurent et la Léproserie Saint Lazare (soit notre rue du Faubourg Saint Denis et le Boulevard Magenta). Le roi avait racheté cette foire aux lépreux. En 1182, le marché fut agrandi, suite à la confiscation des maisons aux juifs.

En 1137, Louis VI avait déjà transféré un marché depuis la place de Grève jusqu’à cet endroit.
Il fut d’abord en plein air, puis deux bâtiments y furent construits. Des portes fermaient ces bâtiments la nuit, pour permettre aux marchands d’y déposer leurs marchandises à l’abri. En 1187 le cimetière des Saints Innocents fut clos par un mur afin d’être séparé du marché des Champeaux.
Jacques Broussard, dans son livre « Nouvelle Histoire de Paris » nous dit à propos de ce cimetière situé près de l’église des Saints Innocents et appelé : cimetière des Champeaux

C’était une grande place traversée par les passants où l’on vendait des marchandises. Les Parisiens avaient coutume d’y enterrer leurs morts, mais les corps ne pouvaient être inhumés décemment à cause des pluies et de l’abondance d’une boue fétide. (…) Guillaume le Breton dans sa « Philippide » ajoute qu’il était ouvert aux porcs et plein d’immondices, que les prostituées y exerçaient leur commerce et que le roi le fit entouré d’un mur élevé fait de pierres de taille. Ainsi furent assainis le quartier et le marché. C’est sous Philippe Auguste, à cause de tous ces travaux et notamment de la construction de deux grands pavillons, que le marché commence à s’appeler « les Halles ». Ce marché fut totalement compris dans l’enceinte de Philippe Auguste. »
Vraisemblablement au début du règne de Philippe-Auguste, ce marché attirait surtout les merciers, marchands de blé et de légumes.

En 1222 une foire avait été installée sur le parvis de Notre-Dame. Il s’agissait d’une foire aux lards, graisses et chairs de porc. Elle durait une seule journée. Rappelons l’importance des porcs au Moyen Age, animaux très prisés à cette époque-là.

Philippe-Auguste fit d’abord construire deux bâtiments, puis autour il fit édifier un mur percé de portes, afin de prévenir des vols. Ces limites restèrent les mêmes jusqu’au XVIe siècle. Le premier nom qui fut donné fut Halle aux drapiers et Halle aux Tisserands probablement à cause des marchandises les plus précieuses et importantes vendues.

Ce marché étant excentré par rapport à la Cité, le commerce de l’alimentation ne s’y développa pas immédiatement, seulement la vente en gros du blé et du vin.

On parle également de la foire du Lendit en pleine campagne sur la route de Saint-Denis. Philippe Auguste réglementa son installation en 1215. Pendant la durée de la foire, les marchands devaient cesser de vendre aux Halles. Les denrées invendues à cette foire pouvaient cependant être réexposées aux Halles.

 

Les origines des Halles de Paris remontent à 1135, quand Louis VI le Gros décide de créer un marché sur le lieu dit des Champeaux, situé extra muros à l’endroit d’anciens marécages.

Bientôt intégrées au centre de Paris qui s’étend progressivement au-delà de la ceinture marécageuse, les halles deviennent un grand centre d’échange prospère, et vont connaître au cours des siècles des transformations majeures.

Dés 1183 des halles en bois seront édifiées  par Philippe Auguste puis en 1269 par Saint Louis.

 

Henri III fera construire la place principale, le Carreau qui sera désormais bordée de maisons dotées de galerie marchande, les « piliers des halles » et procédera à un élargissement des voies attenantes

Sous Louis XVI, une nouvelle halle au blé va voir le jour, sans compter le cimetière des innocents  remplacé entre 1785 et 1786 au profit d’un marché aux fleurs, aux fruits et aux légumes.

Cependant ces mesures s’avèrent insuffisantes :à la fin de l’Ancien Régime, les halles souffrent de réels problèmes d’engorgement et d’hygiène.

En 1808 Napoléon Ier qui souhaitait faire des halles le « Louvre du peuple » entreprend de doter Paris d’un réseau unifié de marchés couverts et de construire une vaste halle centrale entre le marché des innocents et la halle aux blés. Mais faute de temps, ce grand dessein ne put voir le jour.

Quartier des Halles en 1849

Historique

Paris s’appelait encore Lutèce, quand eut lieu le premier d’une série de transfert des Halles chaque fois motivés par une évolution démographique et une urbanisation galopantes.

Le premier marché animait le cœur de l’Ile de la Cité, puis il s’implanta de l’autre côté de la Seine, en plein air, sur la terre battue, place de Grève l’actuelle place de l’Hôtel de Ville jusqu’au XIIe siècle.

Vers 1110, Louis VI Le Gros décida un nouveau transfert en rase campagne, en place d’anciens marécages asséchés transformés en champs d’où le nom Campelli ou Champeaux qu’on retrouve dans la rue des Petits Champs et pendant plus de huit siècles les Halles restèrent là, subissant de continuelles transformations pour s’adapter aux besoins sans cesse croissant de la capitale.

1137 Louis VI ordonne le transfert vers le centre de Paris, au lieu dit Les Champeaux.

1181-1183 Philippe Auguste achète des propriétés environnantes, où s’installent des commerces : alimentaires, textiles, chaussures, friperies…..Puis fait construire des Halles pour drapiers et tisserands, le marché continue de s’agrandir de telle sorte qu’en 1269 Saint Louis fait bâtir trois nouvelles Halles ouvertes aux merciers et corroyeurs.

A partir du XVIe  siècle arrive la vente en gros des poissons qui se faisait aux enchères par officiers publics

Pavillons Baltard

Origine des Halles de Paris

Les origines des Halles de Paris remontent à 1135, quand Louis VI le Gros décide de créer un marché sur le lieu dit des Champeaux, situé extra muros à l’endroit d’anciens marécages.

Bientôt intégrées au centre de Paris qui s’étend progressivement au-delà de la ceinture marécageuse, les halles deviennent un grand centre d’échange prospère, et vont connaître au cours des siècles des transformations majeures.

Dés 1183 des halles en bois seront édifiées  par Philippe Auguste puis en 1269 par Saint Louis. Sous Louis XVI, une nouvelle halle au blé va voir le jour, sans compter le cimetière des innocents  remplacé entre 1785 et 1786 au profit d’un marché aux fleurs, aux fruits et aux légumes.

Henri III fera construire la place principale, le Carreau qui sera désormais bordée de maisons dotées de galerie marchande, les « piliers des halles » et procèdera à un élargissement des voies attenantes.

Cependant ces mesures s’avèrent insuffisantes :à la fin de l’Ancien Régime, les halles souffrent de réels problèmes d’engorgement et d’hygiène.

En 1808 Napoléon Ier qui souhaitait faire des halles le « Louvre du peuple » entreprend de doter Paris d’un réseau unifié de marchés couverts et de construire une vaste halle centrale entre le marché des innocents et la halle aux blés.

Mais faute de temps, ce grand dessein ne put voir le jour.

Les Halles Baltard

Surnommées « ventre de Paris » par Émile Zola qui, fasciné par la vie foisonnante qui s’en dégageait, leur consacra l’un de ses romans les plus célèbres, les halles constituent la principale source d’approvisionnement de la capitale et de son agglomération.

Délimitées à l’est par la rue Saint-Denis, au sud par la rue de la Ferronnerie, à l’ouest par la rue de la Tonnellerie et au nord par la rue de la Grande Truanderie, elles conservaient encore au début du XIXe siècle leur physionomie moyenâgeuse, comme le montre cette peinture de Giuseppe Canella l’Aîné.

La rue de la Tonnellerie y apparaît bordée de galeries couvertes, dits « piliers », qui abritent les boutiques des commerçants et des artisans. Une foule dense se bouscule dans ces galeries où s’entassent les denrées, souvent dans des conditions d’hygiène douteuses.

À cette insalubrité s’ajoute l’encombrement permanent des halles et des alentours, si bien qu’en 1842 le préfet de Paris, Rambuteau, crée la Commission des halles et la charge d’étudier leur réaménagement complet ou leur transfert.

 

Victor altard (1805-1874) Pionnier de l'architecture metallique, il fut Grand Prix de Rome 1833

 

Aussitôt, l’architecte Victor Baltard (1805-1874) élabore plusieurs projets successifs pour leur reconstruction. Après avoir imaginé dans un premier temps une solution hybride combinant la pierre et le fer, il s’oriente à la demande expresse de Napoléon III vers une structure entièrement métallique déployée en de vastes parapluies, s’inspirant de l’architecture contemporaine des gares et des propositions audacieuses présentées par son collègue Hector Horeau.

Après bien des tâtonnements et des hésitations, le projet définitif, qui consiste en l’édification de douze pavillons à ossature de fonte recouverts de vitrages et réunis par des rues couvertes, est finalement retenu en 1854, et les travaux entamés aussitôt à l’emplacement des halles de l’Ancien Régime.

Quinze ans furent nécessaires pour édifier dix des douze pavillons prévus. Une photographie d’Henri Lemoine prise vers 1900 montre ces nouveaux pavillons dont les hautes verrières et la structure métallique apparente constituent une véritable prouesse technique.

Les ressources offertes par le fer et le verre sont ici mises au service d’une meilleure hygiène, grâce à la création de nombreux espaces dégagés dont la ventilation et l’éclairage naturel sont assurés de manière efficace par des persiennes de verre.

Vue d'oiseau projet Baltard de 1863

Postérité des Halles de Baltard

D’emblée, les pavillons édifiés par Baltard suscitèrent l’admiration des contemporains, émerveillés par ce chef-d’œuvre de légèreté et de transparence.

Sur le plan technique, les halles consacrent le triomphe de l’architecture industrielle, que l’on retrouve par la suite employée dans un grand nombre de constructions, des gares de chemin de fer aux marchés couverts en passant par la Bibliothèque nationale de Labrouste (1859-1868), les abattoirs de la Villette (1863-1867) et les bâtiments des expositions universelles.

Comme les halles, ces divers édifices s’intègrent au plan d’urbanisation élaboré par le préfet de Paris Haussmann, qui souhaitait adapter la capitale aux nouvelles exigences de la civilisation industrielle.

Sur le plan pratique, le projet de Baltard se révèle rapidement insuffisant, et les nouvelles halles demeurent encombrées par le trafic toujours plus intense et l’afflux de clients, bien qu’une dernière extension ait été entreprise entre 1935 et 1948 avec la construction des deux derniers pavillons de Baltard.

Ressurgit alors la question du déménagement des halles en dehors du centre de Paris : le 6 janvier 1959, au terme de longs débats, le conseil des ministres décide par ordonnance de transférer les halles à Rungis et à la Villette.

Malgré la mobilisation d’une partie de l’opinion en faveur du maintien des pavillons de Baltard in situ, leur démolition commence en 1971, deux ans après l’ouverture du nouveau marché de Rungis, au sud de Paris.

Seul un édifice échappa à la destruction et fut remonté à Nogent-sur-Marne où il est encore visible aujourd’hui.

La place laissée vide par les halles fut, quant à elle, bientôt occupée par un vaste centre commercial et culturel, l’actuel « Forum des halles », inauguré par le maire de Paris, Jacques Chirac, en septembre 1979.

Jeanne et Désiré Corneillet
Marcelle et Désiré Corneillet

Forum des Halles

En 1950, les Halles semblaient condamnées à une mort par asphyxie, à plus ou moins brève échéance. Les trafics étaient en régression dans certains secteurs ; des circuits nouveaux se créaient hors des Halles à proximité des gares, ou à la périphérie de l’agglomération parisienne, ou encore directement à partir des lieux de production. Quand en 1953, le Gouvernement décida de créer une chaîne de marchés d’intérêt national, le problème des Halles de Paris revint à l’ordre du jour.

1960

Le 14 mars, le transfert du marché des Halles à Rungis et à La Villette est décidé.

1963

Le préfet de Paris propose la rénovation de la rive droite, de la Seine à la gare de l’Est. 670 hectares et 150 000 habitants sont concernés. Le projet est repoussé, mais le Conseil de Paris crée une Société d’études d’aménagement des Halles et secteurs limitrophes.

1968

Les premiers projets d’aménagement sont repoussés par le Conseil de Paris. La surface de rénovation est réduite de 32 à 15 hectares, le reste fera l’objet d’une réhabilitation. Un aménagement souterrain est envisagé.

1969

Transfert du marché vers Rungis et La Villette entre le 27 février et le 1er mars. Cette opération considérée à l’époque comme étant le « déménagement du siècle » concerna 20 000 personnes, 1 000 entreprises de gros, 10 000 m3 de matériel, 5 000 tonnes de marchandises et 1 500 camions. Les 3 et 4 mars suivant, le marché de Rungis ouvrait officiellement ses portes.
En attendant le début des travaux de démolition qui interviendront deux ans plus tard, le préfet de Paris Marcel Diebolt autorise l’organisation de manifestations culturelles dans les pavillons.

1970

Création d’une zone d’aménagement concerté, décision d’aménager le futur quartier de l’Horloge.

1971

Démolition des six premiers pavillons situés à l’est de la rue Baltard pour permettre la construction de la gare RER et du Forum.

1973

Démolition des pavillons de la viande, des îlots sud des Halles et des îlots Beaubourg. Pendant l’été, le film de Marco Ferreri, Touche pas à la femme blanche !, est tourné dans le « trou » des Halles. Celui-ci apparaît aussi dans Le Locataire de Roman Polanski.

Deux de ces pavillons seront préservés :

Le no 8, qui abritait le marché aux œufs et à la volaille, est démonté et reconstruit à Nogent-sur-Marne pour y abriter une salle de spectacle baptisée « Pavillon Baltard ».

Le deuxième, qui est présent dans le parc Harbor View Park de la ville de Yokohama au Japon, ne reprend que la partie haute de la structure originale en fonte.

Les matériaux de construction de l’ensemble des pavillons ainsi démolis seront vendus au prix de la ferraille.

 

1974

Élu président de la République, Valéry Giscard d’Estaing décide l’abandon du centre de commerce international et la création d’un jardin à son emplacement. Les démolitions, comme celle de la rue de la Réale, se poursuivent.

1975

Le projet choisi par les Parisiens est rejeté au profit, dans un premier temps, de celui de l’architecte espagnol Ricardo Bofill, puis de Jean Willerval. Le centre commercial « le Forum » est de l’architecte Claude Vasconi. Un concours est d’abord organisé pour l’aménagement de la partie Lescot directement au-dessus de la gare RER. L’équipe composée des architectes Georges Pencreac’h et Claude Vasconi l’emporte avec le projet du Forum des Halles, inauguré en 1979. Une deuxième consultation est par la suite organisée pour la partie aérienne, emportée par Ricardo Bofill, dont le projet avance jusqu’à l’édification du gros œuvre à R+2, avant que le maire de Paris (Jacques Chirac) décide de tout raser en imposant à la place l’architecte Jean Willerval et ses « parapluies », inaugurés en 1983. L’ensemble fut très loin d’être une réussite

1977

Inauguration de la station du RER le 7 décembre, et déplacement de la station Les Halles de la ligne 4 pour une meilleure correspondance.

1979

Inauguration en grande pompe du forum de commerce et de loisirs le 4 septembre.

Le projet des architectes Claude Vasconi et Georges Pencreac’h marque un réel tournant dans l’histoire. Le trou disparaît pour laisser place à un nouveau centre commercial au design innovateur pour l’époque. Jacques Chirac, maire de Paris inaugure en grande pompe le nouveau bâtiment ainsi que le RER à Châtelet-les-Halles.

Six ans plus tard, le Forum se dote d’un espace supplémentaire: la place Carrée, édifiée par le célèbre architecte Paul Chemetov. Ce lieu est devenu emblématique avec ses immenses arches et son sol quadrillé. Cependant, 30 ans après son inauguration, le site doit être restructuré et modernisé du fait de sa forte fréquentation, du vieillissement de ses structures ainsi que de l’évolution des normes de sécurité.

1983

Construction de deux hôtels, de logements et de bureaux.

1985

Ouverture de la deuxième partie du Forum souterrain (architecte : Paul Chemetov).

1986

Aménagement des jardins par Louis Arretche.

1989

Inauguration du Parc océanique Cousteau en juillet.

2016

La Canopée de verre signée Patrick Berger et Jacques Anziutti

Après des turbulences, le Forum s’offre un nouvel écrin. Le projet ambitieux de rénovation des Halles, au départ attribué à David Mangin, revient finalement aux architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti. Si les travaux ne s’achèveront qu’en 2018, la Canopée coiffant les Halles a été inaugurée mardi 5 avril en présence de la maire Anne Hidalgo.

Le toit composé de 18.000 écailles de verre recouvre, outre des commerces, de nouveaux équipements publics tels qu’un conservatoire, une médiathèque et un centre culturel, dédié à la pratique artistique. Le chantier a coûté près d’un milliard d’euros, dont environ 236 millions seulement pour la toiture ondulé de couleur jaunâtre.

Sources :

crédit images et texte : plus.lefigaro.fr, fr.wikipedia.org/wiki

L’écriture au fil des siècles

13ème siècle (1294 oz deüz du duc Bretaigne)

13ème siècle (1294 oz deüz du duc Bretaigne)

13ème siècle (1294 Ce sont les oz deüz au duc de Bretaigne)

Comme monseigneur Jehan, duc de Bretaigne, comte de Richemont eust semons ses ouz a Ploermel au jour de jeudi empres la mi aoust qui fut en l’an de graice mil CCIIIIXX et quatorze. Ce sont les recognoissances  que ses barons et ses autres genz li firent combien ils li devoint d’ost, laquelle recognoissence il prist o protestation de plus en avoir que ils ne recognoissoint si il povet 

montrer que plus deüssent, et de avoir telle amante comme roison devroit de ceulx vers quelx il le pourra monstrer Monsour Guy de Laval, seigneur de Vitré Recognust que il (li)(luy) devoir cinq chevaliers dost,ce

Est asavoir par raison d’Aubigné un chevalier,dont La dame dou Bois-Geuffrey li doit la moytié,ce….dit-il

14ème siècle (Loi du 3 juillet 1315 –Louis X)

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous ceuls qui ces présentes verront salut scavoir faisons qu, comme selon le droict de nature chacun doibt naiste francs ; et par aucuns usaiges ou coustumes

qui de grant ancienneté ont esté introduictes et gardées jusques cy en nostre royaume, et par adventure pour le meffet de leurs prédécesseurs, moult de personnes de nostre commun peuple soient encheuses en lien de servitudes et de diverses conditions qui moult nous desplait. Nous, considérants que nostre royaume est dict et nommé le royaume des francs, et voulants que la chose en vérité soit accordante au nom et que la condition des gents amende de nous, en la venue de nostre nouvel gouvernement par délibération de nostre grand conseil, avons ordené et ordenons que generaument, par tout nostre royaume, de tant comme il peut appartenir à nous et à nos successeurs, telles servitudes soient ramenés à franchises ; et à tous ceulx qui de ourine, ou ancienneté, ou de nouvel, par mariage ou par résidence de lieus de serve condition, sont encheues ou pourront escheoir en liens de servitures, franchise soyt donnée a bonnes et convenables conditions, etc .

IIIème juilhet 1315

15ème Siècle (Titre : Cession temporaire de vignes sur le terroir de St Leu à Philippe archidiacre de Paris. S Leu de Taverny)

1) lN NOMINE SANCTE ET INDIUIDUE TRlNlTÂTlS Gaufridus

 2) Diuina miseratione dictus abbas totusque conuentus beati Martini de Pontesia

3) uniuersis Christifidelibus qui hoc memoriale uiderint salutem in Domno. Consu-

4) euit patrum autoritas ea fidelis pagine testimonic commendare que

5) nec sompno obliuionis nec dampno uetustatis abolita a memoria nol-

6) let excidere uel elabi. Quorum nos imitantes non immutantes uestigia ad re-

7) cordationem presentium etfuturorum cogniticnem uolumus pervenire quod domnus

8) Hawinus duos arpennos uinearum et dimidium apud sanctum Lupum quos ipse planta-

9) uerat ab ecclesia nostra tenebat et tota uita sua tenere debebat post ejus obi-

10) tum ad eandem ecclesiam redituros. Ab eadem quoque tenebat ecclesia arpennum et dimidium

11) de Cacheuel. Hos autem quattuor arpennos post prefati decessum Hawini domno Phi{ippo}

12) parisiensi archidiacono tenendos concessimus quamdiu idem Pil{ippus} uixerit canonicus

13) parisiensis. Si uers quocumque casu contigerit memaratum Phil{ippum} non esse canonicum

14) parisiensem et idem Hawinus superstes exstiterit eosdem arpennês quoad

15) uixerit possidebit. Cum uero et iste non erit canonicus parisiensis et ille uiam uni-

16) uerse carnis ingressus fuerit sepedicti quattuor arpenni sine omni contradictione

17) parentele a parte aiterutra reclamantis uel aliarum quorumlibet ad praenominatam

18) sancti Martini ecclesiam libere reuertentur. Quod ne successu personarum aut

19) temporum immutari ualeat uel infringi, sigillorum tam nostriquam eiusdem archidiaconi

20) munimine decretum est confirmari et subsceptorum annotaticne testium robo-

21) rari. Ex parte nostrâ et ex parte archidiaconis testes sunt magister Leo Hugo de

22) Clauso, Bartholomeus de Meleun, Petrus de Puteolis, Ricardus presbuter, Johanes Multon,

23) Wilelmus cameriarius, luo cordubanarius, Galterius patruus eiusdem archidiaconi. Actum publi-

24) ce Pontesiae in capitulo beati Martini anno ab lncarnatione Domni MCLXXX°

16ème siècle (Ordonnance d’Août 1539 prise par le Roi François 1er imposant le Français dans les actes officiels de justice)

Ordonnances Royaulx nouvelles

Et pource que de telles choses sont souventeffois advenues sur lintelligence des mots latins contenuz esdictz  arrestz Nous voulons que doresenavant tous arrestz ensemble toutes autres procédeures soyent de noz cours souveraines ou autres subalternes et inférieures, soyent de registres, enquestes, contractz, commissions, sentences, testamens et autres quelzconques actes et exploictz de justice, ou qui en dépendent, soyent prononcez, enregistrez et délivrez aux parties en langage maternel françois et non autrement.

16ème siècle (1583 Baptême Anthoine Lerenec)

Anthole  Lerenec fils Guillaume Lerenec et Janne Nicollas sa femme et dame de Beauchene a esté  baptisé sur les fons du baptesme en cette église paroichialle de St Malo de Dinan par messire Gilles  Guillou subcuré dicelle église et la tenu sur fond et donna le nom messire -Anthoine Lerenec sieur des Croix cousin germain du dit Guillaume assisté pour tesmoingner de Jean Lerenec lesné fils Macé Lerenec sieur de la touche et Bertranne Bajot femme, Nicollas Lerenec sieur de la Moynerie , les soulz signés et plusieurs autres le lundi après midi feste de St Nicollas neuvième jour de may lan mil cinq cent quatre vingt trois.

16ème siècle (10 septembre 1600 Henry IV)

De par le roy

Très chers et bien aimez, nous avons commandé au sieur de Bourg Lespinasse de lever et mestre sur ung régiment de mil hommes de pied soubz dix enseignes pour nous en servir en ceste armée de Savoye et parce que nous croyons que vous pourrez secourir le dit Sieur de Bourg de quelque nombre de corselets pour rendre le dit régiment mieulx armé, nous vous avons bien voulu escrire ceste lettre pour vous prier comme nous faisons de le faire accommoder de cent corseletz pour cest effect et nous en réserverons contentement et nous ferez service très agréable. Donné au camp de Chamoux, le Xème jour de septembre 1600

Henry 

16ème siècle (Possession d’une vigne à Champservé 17 mai 1547)

Item une pièce de vigne assise à Champservé, contenant ung quartier et demy ou envyron, tenant dung bout à la vigne franche deslits ousmeaulx, d’autre bout au grand chemyn par lequel l’on va de Champservé à la garaine d’Albe, d’ung cousté à la terre desdits Cousmeaulx, la pallice entre deulx ; pour raison de quooy ilz doyvent, par chacun an, le sixte des fruictz croissans en icelle à mondit Seigneur C’est ce que les dits Cousmeaulx tiennent et advouhent tenir de mondit Seigneur ès deuvoirs dessus déclamrèz, protestant, si aulcune chose avoyent esté obmises, de l’employer en ladite présente déclaration touteffois et quantes, par ceste présente déclaration signée à la requeste dudit Cousmeau, es présence de Guillaume Dousset et Gilles Durant, le dix-septiesme jour de may, l’an mil cinq cent quarante et sept Roy, à la reqse de Jehan Cousmeau

16ème siècle (1585 Baptême Amaury Bodot)

Amaury Bodot fils de Pierre et de Janne Fauvel ses père et mère a esté ce jourbaptisé sur les fons de l’église Saint-Malo de Dinan par descret Messire Gilles Guillou subcuré dicelle et la tenu sur les dits fons Honorable Amaury Richeux sieur de Lohiea et pour tesmoings Françoy Fontaine et Gillette Hellon le penultième jour daougst an mil cinq centz quattre vingt cinq

17ème siècle (10 juillet 1659 – lettre du Cardinal Mazarin) – Suite

17ème siècle (10 juillet 1659 – lettre du Cardinal Mazarin) – Suite

A Châteauneuf le Xe juillet 1659

Je vous adresse ce paquet pour

ma niesse et lors quelle aura fait

 response, metant la première

couverture au S Colbert, qui aura

soin de rendre sa lettre, vous

consigneres le paquet a ce

valet de pied qui le portera

en diligense à Fontainebleau

Je vous prie de mescrire souvent

et de faire souvenir ma niesse de

ce que je luy ay dit car le pra

ticant elle sera heureuse et

reconnaitra que je minteresse

plus à son bien que pas un autre

Vous pourres consigner au S

Tenon les lettres que vous

mécrirez  et faire toujours

un état assuré de l’amitié du

Cardinal Mazarin

17ème siècle (1617 acte naissance de Martin fils illégitime)

Martin fils illégitime de    

plusieurs pères puisque tout le

monde y étoit le bienvenu et de

Marie Sence la mère lequel

est né des ses impures embrassements

le lundy 7e jour de septembre

1671 et baptisé le mardi 8e

septembre 1671 sur les trois

heures après midy par moy Prêtre

Curé du dit lieu soulz signé et

tenu par Noel Delorme parain

et Marie Guerpènne marenne

qui luy a donné le nom lesquels

ont déclaré ne savoir écrire et

ni signer. De ce fait requis et

interpelés suivant l’ordonnance dans

la minute des présenses

17ème siècle (Acte d’un bien du 10 juillet 1568 – copie de 1624)

Fut present en sa personne

honnorable homme

Maistre Gabriel

Montaigne procureur

en la cour du

parlement et fiscal

de saint Germain

desprez les Paris

demeurant au dit

lieu, Lequel confessa

et confesse estre

détempteur proprietaire

et possesseur d’une

portion du jardin par luy

17ème siècle (octobre 1634 – lettre du cardinal de Richelieu

à Louis XIII)

26 octobre 1634 

Sire

Ces trois lignes sont pour dire à votre Majesté que l’honneur

de sa conversation d’hier m’a faist dormir jusque à sept

heures sans resveiller ce qui faist bien cognoistre par

expérience que le contantement d’esprit est la meilleure

médecine qui puisse estre pour les corps un peu délicats

comme sont ceus et du meilleur maistre du monde et de

la plus fidèle plus passionnée et plus obéissante créature

qui ayt jamais esté                 Le Cardinal de Richelieu

17ème siècle (1673- recette de la troupe de Molière

du 29 janvier au 17  février)

et (vendredi 17 février 1673 mort de Molière)

  Dimanche 29ème janvier Maris infidelles ………….599 #

  part ……………………………………………………………………………………………33 #

  Mardy 31ème Maris Infidelles ……………………………..179 # 10 s

  part ………………………………………………………………………………………………5 # 5 s

  Vendredy 3 feuvrier Trissotin …………………………..298 #

  part ……………………………………………………………………………………………..11 #

  Dimanche 5 idem…………………………………………………….388 #

  part ……………………………………………………………………………………………..18 # 10 s

Mardy 7ème      Vendredi 10ème 1ère Représentation du malade

Répétition      Imaginaire ……………………………………………………………..1992 #

Pièce       part ………………………………………………………………………………………………71 # 14 s

Nouvelle  Dimanche 12 Malade Imagre ……………………………….1459 #

Et dernière   part ………………………………………………………………………………………………55 #

De Mr de   Mardy 14ème mal Imag ………………………………………….1879 #

Molière   part ………………………………………………………………………………………………80 #

  Du Vendredy 17 …………………………………………………….1219 #

  part ……………………………………………………………………………………………….39 #

Ce mesme jour après la comédie sur les 10 heures du soir

Monsieur de Molière mourust dans sa maison rue de Riche-

lieu, ayant joué le rôle dudit malade Imaginaire fort incom-

modé d’un rhume et fluction sur la poitrine qui luy causois

une grande toux de sorte que dans les grans efforts qu’il fist

pour cracher il se rompit une veyne dans le corps et ne

restait pas demye heure ou trois quart d’heure depuis la

veyne rompue. Son corps est enterré à St joseph Ayde

de la paroisse St Eustache. Il y a une tombe enterré d’un

 pied hors de terre

Dans le désordre où la troupe se trouva après cette perte

irréparable, le Roy eust dessein de joindre les acteurs qui la

composaient aux comédiens de l’hôtel de bourgogne

17ème siècle (3 septembre 1610 – la Cloche de Muron)

Le troisième jour du moys de septembre

mil six centz et dix, la cloche de nostre

église de Muron a esté fondue et refaicte de nouveau

et elle poyse(pèse) envyron quatre centz

quatre vingt livres, et a esté

montée au clocher de ladite esglise

pour servir en icelle, le dimanche

suivant dudit, au contentement

des paroissiens

  Leclerc

  Curé dudit lieu

18ème Siècle  (1792-1793 – Lettre de Marie-Antoinette)

Nous avons fait un beau rêve, voilà tout, mais

nous y avons beaucoup gagnié, en trouvant

encore dans cette occasion une nouvelle preuve

de votre entier dévoument pour moi. Ma

confiance en vous est sans bornes, vous trouverez

dans toutes les occasions en moi du caractère

et du courage, mais l’intérêt de mon fils est

le seul qui me guide et quelque bonheur ; que

j’eusse éprouvé à être hors d’icy je ne peu pas

consentir à me séparer de lui au reste je

reconnais bien votre attachement dans tout ce que

vous maves detaillé hier, comptez que je sens la bonté

de vos raisons pour mon propre intérêt, et que cette

occasion peut ne plus se rencontrer, mais je ne pourrez

jouir de rien en laissant mes enfans et cette

idé ne me laisse pas envie de regret. 

18ème siècle (Acte de décès du roi Louis XIV

1 septembre 1715)

Le premier jour de septembre de l’an mille sept

cens quinze est décédé très haut très puissant et très

excellent roi de France Louis quatorze de glorieuse

mémoire âgé de soixante et dix sept ans

dans son château et transporté à St Deny

le neuvième du dit mois en présence de Mr Jean

Dubois chamoine de St Quentin chappelain ordinaire de la

Musique du roi et chantre. Pierre Manourry prêtre de la

congrégation de la mission qui ont signé avec nous

18ème siècle (1772 – Avis de M. Morin recteur de Freigné

 Maine et Loire)

Nous prévenons tous presens et à venir que nous avons pu nous tromper

dans la manière d’écrire les noms, parceque la pluspart ne scachans point

ecrire leur noms et nous n’étant point de cette contré, il nous est comme

impossible d’emploïer toujours toutes les lettres des véritables noms. Ce que

nous écrivons pour ne pas préjudicier à des successions ou autres intérêts

civils ou spirituels. Et pour donner avis à nos successeurs d’être sur leur

garde en écrivant les noms d’autant qu’il y a ici une corruption dans

la façon de prononcer les noms parmi le peuple. Freigné le

dernier jour de l’an mil sept cent soixante douze, ainsi certifié

  Morin recteur de Freigné

18ème siècle (Décès de Nicole Behagnon – 20 mai 1745)

L’an mil sept cent quarante cinq le vingt may est décédée

en cette paroisse Nicole Behagnon veuve de Notin Raulin

agée de soixante et onze ans et le vingt et un a été

inhumée dans le cimetière de cette paroisse par moi Prêtre

Licencié en théologie Curé de Vouzy et Condé avec les

cérémonies ordinaires présens les soussignés

Jajot Curé de Vouzy

Jean Raulin Georges Behagnon Jean Esmery

18ème siècle – Extraits de l’Acte de Mariage de

Françoise Élisabeth CASSINI de Thury

Église Sainte-Madeleine à Franconville le 23 avril 1776

L’an mil sept cent soixante et seize le vingt

  avril après la publication des bans faite

  en la paroisse de S. Jacques du haut près de

  paris les sept, huit et quatorze du présent

  mois en celle de Lignières diocèse d’amiens

  ………………………………………………………………………….

  célébrées hier, ont été par nous mariés, et

  ont reçu de nous la Bénédiction nuptiale

  haut et puissant seigneur Louis

  Henry Deriencourt chevalier seigneur

  en partie de Lignieres han sact aumont

  et autres lieux, fils majeur de feu Louis

  …………………………………………………………………………

  et demoiselle françoise élizabet de cassini fille

  mineure de haut et puissant seigneur Cesar

  françois cassini de thury, chevalier conseiller

  du roy, maître ordinaire en la chambre

  des comptes, directeur de l’observatoire Royal

18ème siècle – Extraits de l’Acte de Mariage de

Françoise Élisabeth CASSINI de Thury

Église Sainte-Madeleine à Franconville le 23 avril 1776

(suite)

18ème siècle – Extraits de l’Acte de Mariage de

Françoise Élisabeth CASSINI de Thury

Église Sainte-Madeleine à Franconville le 23 avril 1776

(suite)

  premier president du parlement de toulouse

  conseiller honnoraire en la grande chambre du

  parlement de paris son oncle maternel de la paroisse

  de st paul lesquels ont signés avec nous .

  De Riencourt        De Cassini  Cassini de Thury

  Drouyn de Cassini  Cassini  Drouyn de Vaudeuil

 

  De Lavergne de Tressan

      Perrier

  curé de Franconville

18ème siècle (1794 – Mandat d’arrêt de Danton, Delacroix,

Camille, Desmoulins et Philippeaux.)

Les comités de salut public et de sûreté générale arrêtent que Danton, Delacroix, Camille Desmoulins et Philippeaux (#) seront arrêtés et conduits dans la Maison du Luxembourg pour (y être gardés séparément et au secret). Charge le maire de Paris de mettre sur le champ le présent arrêté à exécution. (#) du département d’Eure et loir #tous membres de la Convention nationale Les représentants du peuple

Signatures : Billaud-Varennes, Vadier, Carnot, Lebas, (du Bas-Rhin), Collot-d’Herbois, B.Barrère, Saint-Just, G.Jagot, C.A. Prieur, Couthon,Voulland, Dubattan, Elie Lacoste, Amar, M.Bayle, Robespierre, Lavicomtrie.

19ème siècle (lettre de George Sand à sa fille)

Merci ma fille chérie

J’ai mon appartement

à Paris à portée de mes

affaires bien loin de vous

hélas ! Je pars malade

ennuyée d’attendre la

guérison. Mais ce n’est

rien de grave. Je courrai

vous embrasser jeudi à

moins que je ne sois trop

fatiguées. Je vous écrirai

un mot en arrivant.

Je vous aime et vous

bige 

  George Sand

19ème siècle (Lettre d’Eugène Delacroix à une amie)

Vendredi 8 h du soir

Chère amie je pars pour Bordeaux

demain matin à 7h j’ai reçu

hier dans la journée la cruelle nouvelle

que la maladie de mon bon frère est

devenue des plus inquiétantes. Je vais

revoir encore ce dernier, ce meilleur ami

plaignez moi bonne et chère amie et

pardonnez moi de n’avoir pu avoir un

seul moment dans cette journée

pour aller vous embrasser.

  A vous mille fois

Delacroix

19ème siècle (20 mars 1811 – Naissance du Roi de Rome

Lettre de Napoléon à François 1er d’Autriche)

 

Monsieur mon Frère et Beau Père

C’est avec une extrême sensibilité que je m’empresse d’informer Votre Majesté que  l’Impératrice ma  très chère Epouse vient d’accoucher heureusement d’un Prince qui par sa naissance, à reçu le Titre de Roi de Rome.

Les liens qui m’unissent à Votre Majesté et l’intérêt qu’elle prend à ma satisfaction et à celle de ma bien Aimée Compagne me donnent l’intime confiance qu’elle partagera la joie que nous fait éprouver un évènement aussi intéressant pour notre bonheur commun et pour celui de mes Peuples.

Elle doit être persuadée que mes vœux préviennent tout ce qui pourra lui arriver d’heureux et que mon plus grand désir est de pouvoir la  onvaincre des sentimens de la sincère estime et de la tendre amitié que je lui ai voués et avec lesquels je suis  

  Monsieur mon frère et Beau Père

  De Votre Majesté

  Paris le 20 mars 1811 

  Le bon frère et gendre   Napoléon

19ème siècle (23 avril 1825 

lettre du vicomte de La Rochefoucauld à Victor Hugo)

         Maison   Paris, le 23 avril

          du Roi.

     Département

            des

      Beaux Arts.

Cabinet particulier.

Je n’ai pu résister au désir de soumettre sans retard au Roi la demande de monsieur Victor Hugo et je ne veux point tarder non plus à lui apprendre que Son Altesse vient, sur ma proposition, de le nommer chevalier de la légion d’honneur. Le roi y a mis une grâce charmante qui semble doubler le prix d’une faveur si bien méritée, et s’est étonné même de l’oubli dans lequel étaient restés m.m .Hugo et de Lamartine Pour moi, je suis personnellement heureux qu’il m’ait été réservé de réparer une erreur dont les lettres avaient à s’affliger.

Il recevra incessamment une lettre officielle, mais je n’ai point  voulu perdre un moment pour lui apprendre cette nouvelle qui est pour moi un véritable bonheur.

  Je lui offre mille complimens sincères Victor Hugo 

Le vicomte de La Rochefoucauld

20ème siècle (15 juillet 1906 lettre d’Alfred Dreyfus à Emile Combes)

Monsieur,

    Je ne veux pas tarder davantage à venir vous exprimer toute ma profonde reconnaissance pour avoir permis de poursuivre l’œuvre de justice et de vérité qui a trouvé son triomphe dans les journées de jeudi et de vendredi. Je tiens aussi à vous dire toute ma profonde admiration pour l’homme politique et l’homme d’Etat.   Les journées des 12 et 13 juillet 1906 resteront parmi les plus belles de l’histoire de l’humanité, elles sont belles aussi pour la France et pour la République.

  Veuillez agréer l’assurance de mon profond respect

 

A. Dreyfus

De par le Roy

De p(ar) le roy

Charles, com(m)e pieça vous eussions fait dire de p(ar) nous par Jehan de Dainville n(ost)re escuier,que l’office de la chapelle nie de Lonchamp en la forest de Lions nous avions octroiee a Guerriot Haubergon n(ost)re vallet trenchant, vacant p(ar) la mort de jehan Boudart qui le tenoit et avant ce que vous sceussiez n(ost)re volonté eussiez ledit office donné a Jehan de Montigny, mais non obstant ce feistes reponse audit Jehan de Dainville que se il nous plaisoit que ledit Guerriot eust ledit office, vous vouliés que il l’eust et le li fériés mettre au delivre si avons bien que ledit Guerriot n’en fist onques puis nulle poursuite, combien que il ait plus cher ledit office que nul autre p(ro)fit ailleurs et pour cause, si nous plairoit bien que il l’eust et vous saurions bon gré de le li mettre au delivre, pour ce que nous le li donames et que a lui s(er)oit bien séant et aussi que de li et de son s(er)vice nous no(us) tenons a bien content. Et audit Jeha(n) nin de Montigny faictes et pourveez d’aucun autre proffit ailleurs  Donné a Londres, 

le XIXème jour de juillet 

Un mariage à Evreux

Un décret impérial du 19 février 1806, instituait la fête de l’anniversaire du couronnement de Napoléon 1er (2 décembre 1804) et celle de la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), le 1er dimanche de décembre. A cette occasion la ville d’Évreux organisait le mariage d’un militaire rentré dans ses foyers et d’une jeune fille, dotée de 600 francs. Le couple Mathurin DUWEZ et Marie Barbe ROUSSEL (7ème génération) fut choisi.

Le mariage civil fut célébré en présence des autorités du département et de la ville, le mariage religieux célébré dans la cathédrale d’Evreux par les autorités  ecclésiastiques.

Un Te Deum et un grand diner à la préfecture furent suivis par des illuminations et  un  bal.

Les DUWEZ

Sabin DUWEZ natif d’Hénin-Liétard était marchand de vin à Arras, marié avec Marie Roze FAUVEL, fille de Pierre, mesureur de grains.

Leur fils Bernard Guillaume, arpenteur, géographe et feudiste se marie à Évreux avec Marie Madeleine POMMAREDE, fille de Jean Anne, marchand toilier et huissier de la paroisse Saint-Pierre d’Évreux. Ils ont cinq enfants dont Mathurin marié avec Marie Barbe ROUSSEL , fille de Claude, jardinier à Évreux et Augustin, brigadier des chasseurs à cheval de la Garde Impériale.

Mathurin et Marie Barbe vivent rue aux Bouchers jusqu’en 1813 puis        habitent à La Guéroulde à 35 km au sud-ouest d’Évreux. Mathurin y exerce la fonction de garde forestier.

Augustin, sa fiche matricule porte la mention « En arrière, sans nouvelles du 13/10/1812 à la retraite de Moscou ». Il avait 18 ans de service.

Un deuxième fils de Sabin DUWEZ, Augustin Romain était sergent major            au régiment de Saintonge, compagnie de la Folnère durant la guerre d’indépendance en Amérique, puis capitaine d’infanterie.

Basestamier ou badestamier ou bas-d’estamier était un bonnetier fabricant de bas tricotés d’estame (ou estaim), nom donné à un fil très retors de laine peignée à chaud et filée à la quenouille. Ce genre de bas, qui avait remplacé les chausses pour les hommes, coûtant assez cher, était porté par les classes aisées.

Feudiste : juriste spécialisé dans le droit féodal et les droits seigneuriaux.  Il était chargé de la réfection des livres terriers, la mise en ordre et l’étude des archives seigneuriales pour préciser les droits et l’extension des fiefs.  

Érudits, les feudistes connurent surtout au XVIIIe siècle, leur âge d’or dans les dernières décennies de l’Ancien Régime.

Mesureur de grains : Bourgeois de la ville, il était agent de l’administration  et avait le rôle d’intermédiaire entre acheteur et marchand. L’unité de mesure était le setier de blé dont la valeur en boisseau était variable selon les régions.

Mariage Mathurin DUWEZ et Marie Barbe ROUSSEL

Acte d’État Civil, référence A.D. Eure, vue n° 78/457

Extraits de la transcription

Du six décembre mil huit cent sept à onze heures du matin. acte de mariage de Mathurin Duwez basestamier, âgé de vingt neuf ans et demy domicilié en cette ville, y demeurant rue Grande, né à Evreux, cy devant paroisse Saint Pierre le cinq avril mil sept cent soixante dix huit, fils majeur et légitime de feu Guillaume Bernard  Duwez

géographe et de feu Marie Madeleine Pommarede ses père et mère d’une part. et Marie Barbe Roussel, âgée de vingt un ans domiciliée en cette ville, y demeurant rue aux Bouchers née à Evreux cy devant paroisse Saint-Pierre, le dix neuf septembre mil sept cent quatre vingt six, fille majeur et légitime de feu Claude Roussel, jardinier et de feu Barbe Jeanne Prévost, ses père et mère d’autre part.

Les dits contractant ont déclaré s’unir en mariage en présence de Messieurs Barthelemy François Rolland De Chambaudoin préfet du département de l’Eure, âgé de quarante ans, demeurant en cette ville hôtel de la préfecture rue du parvis Notre Dame, Jacques Charles Dupont, membre de la Légion d’Honneur président de la cour criminelle du département de l’Eure, âgé de quarante ans, demeurant en cette rue Saint Taurin, Jean Baptiste Grégoire Delaroche général de brigade commandant dans la légion d’honneur et le département de l’Eure, âgé de quarante 

ans , et Luce Antoine Louis Maurice De Solere secrétaire général de la préfecture de l’Eure âgé de vingt cinq ans, demeurant tous deux en cette ville rue Chartraine

Les signatures sur l’acte d’État Civil
Évreux - L’Iton et la rue aux Bouchers
Avant 1836, la mairie était installée dans les murs de l’ancien couvent des Ursulines. Construit au XVIIème siècle.

Mariage Mathurin DUWEZ et Marie Barbe ROUSSEL Cathédrale d’Evreux

Acte religieux, référence A.D. Eure GP 821

Extraits de la transcription

L’an de Jésus christ, 1807, le dimanche de l’avent,sixième jour du mois de décembre, anniversaire du Sacre et du couronnement de Bonaparte, Empereur des français et roi d’Italie ; après publication d’un Ban du futur mariage entre Mathurin Duwez, Bas-estamier,

et Marie Barbe Roussel, domiciliée aussi sur cette paroisse, fille majeure de Claude Roussel et de Marie-Barbe Prevost, ses père et mère décédés aussi sur cette paroisse, d’autre part.

du 18 germinal, an dix, Nous soussigné Henri Jacques René Aprix De Bonnière, vicaire général du diocèse d’Evreux et doyen de l’Eglise Cathédrale du dit Evreux, avons reçu dans cette Eglise leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la Bénédiction nuptial avec les Cérémonies prescrites par la Sainte Eglise en présence de Mrs. Leroy, curé de cette paroisse, de Mrs Pierre Nicolas Longueux, Jean Guillaume Leduc, Pierre François Vivien, tous trois chanoines honoraires de ’Eglise cathédrale et vicaires de cette paroisse. en présence aussi de Mr le Préfet du département de l’Eure et des autorités constituées à la résidence d’Evreux.

Cathédrale Notre-Dame d’Évreux est  de style gothique, édifiée au Xème siècle, sa nef garde de la période romane des arcades en plein cintre, tandis que les parties hautes furent rebâties au XIIIème siècle dans le style gothique avec le transept et le chœur. Elle est le siège du diocèse qui fut fondé sur le territoire du peuple gaulois des Aulerques Éburovices dans l’actuel département de l’Eure.

Le diocèse appartient à la province ecclésiastique de Rouen.

Le premier évêque d’Évreux fut saint Taurin, au ive siècle.

La cathédrale est placée sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption. L’évêque d’Évreux porte de droit les titres, entre autres, de comte de Condet, Illiers et Brosville.

Mon arbre généalogique

Sources :  Archives départementales de l’Eure ,  Archives diocésaines (déposées aux A.D. de l’Eure,   Souvenirs et journal d’un Bourgeois d’Évreux,   Gallica

Guillaume MEHEUST , un potier en pays Gallo

L’un des premiers potiers connu, Guillaume MEHEUST (12ème génération) est né vers 1567 à La Poterie, époux de Jeanne HAMON, née à La Poterie. Il était le grand-père d’Hélène MEHEUST, épouse de Ollivier HAMON des Croix, maître potier et statuère. (orthographe ancienne)

En 1607, après avoir combattu durant 16 ans, depuis 1591, à la défense de Lamballe puis dans les armées du roy, il désire revoir les siens, son village et reprendre son métier de potier. Il trouve son père âgé de 90 ans. Celui-ci très affaibli est alité. En voyant entrer son fils qu’il n’a pas vue depuis son départ aux armées, il décède d’émotion. Guillaume fait la connaissance de l’épouse de son père, Jeanne HAMON qui deviendra plus tard sa femme. Mais dans l’immédiat il doit organiser l’enterrement. A cette époque les baptêmes, mariages et sépultures sont célébrés à Maroué. Il constate que quatre autres habitants sont décédés et ne peuvent pas être enterrés et aussi que plusieurs nouveaux nés ne sont pas baptisés car les fortes pluies ayant transformé en torrent le cours d’eau « le Gouessant » le gué, habituel passage entre La Poterie et Maroué est infranchissable.

Aux armées, il avait commandé une batterie de 4 canons. Avec son   expérience des situations difficiles, il organise avec l’aide de son ami, Guillaume Du Bouilly, le passage des corps. Il passe commande de deux cordes de cabestan de 320 toises, puis chez les maîtres charpentiers GOUÉZO, il présente un croquis d’une charrette aménagée en radeau avec des barriques dessous. Le surlendemain tout étant prêt, on se  dirige vers le gué du moulin.

Ayant noué les cordes au tronc d’un chêne et à la selle d’un cheval, il lance celui-ci au galop qui bondi dans les eaux tumultueuses. Puis ayant fait un système de coulisse avec une deuxième corde qui doit servir à guider le radeau, il retraverse à cheval le cours d’eau. Il y eut quelques moments difficiles pour la traversé du radeau sur les trente mètres de large du cours d’eau. Ils furent à l’heure convenue pour la cérémonie de sépulture.

Vers 1610, avec les dispenses nécessaires, il épouse Jeanne HAMON, sa belle-mère. Ils ont quatre enfants dont Pierre (11ème génération).

Guillaume meurt à la Poterie le 26 novembre 1627 à 60 ans.

Toise ; mesure de longueur valant 1.949 mètres

Ce texte est un résumé extrait de l’article du livre de Louis BAUDET, ancien maire de La     Poterie, « La Poterie – Une Commune en pays Gallo »

 

La Poterie est un village situé prés de Lamballe, dans le département des   Côtes d’Armor.

Ce village était une trève de la paroisse de Maroué et devint la paroisse Saint-Yves de la Poterie.

Dés le XIème siècle, on y trouve des potiers, potiers statuaires, briquetiers et tuiliers. Selon un décompte, en 1400, il y avait 28 ateliers de potiers. En 1855: 60. En 1900, il reste 7 fours, le dernier s’éteint vers 1920.

Les poteries étaient cuites à plus de 900°. Elles étaient vendues tous les jeudis sur le marché de Lamballe, à la foire de la Montbran.

Les potiers habitaient dans des maisons appelées « hoté »

Caves : trou où est l’argile était prélevé

Hôté : habitation de potier

Reü : Tour de potier constitué d’une roue de la taille des roue de   charrette.

Teules :  planchettes de bois

La Poterie - Un four à pots

Le sous-sol des landes est composé d’une roche particulière : le gabbro de Trégomar. En s’altérant, cette roche produit une argile basique, alors que la quasi-totalité des sols bretons sont acides (granit, schiste). L’argile étant de très bonne qualité, les potiers ont creusé d’innombrables cavités, qui forment aujourd’hui une mosaïque de mares à    géométrie variable.

 

La vente des pots au marché de Lamballe

Sources:

La Poterie Hier et Autrefois – Marcel HAMON

La Poterie – Une commune en pays Gallo – Louis BAUDET

Mon arbre généalogique

De la campagne à la ville en Normandie

Avant l’arrivée du Chemin de fer

De l’artisanat dans la campagne normande…

Avant l’arrivée du chemin de fer à Rouen en 1843 et au Havre en 1847 le textile est essentiellement artisanal.

La famille atelier est une véritable unité de production sous l’autorité du père et pour la mère un véritable état de servitude: horaires, double ou triple tâche (culture, foyer et tissage) et conditions de travail très dures (humidité pour la résistance du fil, peu d’aération et peu de lumière).

180 000 femmes sont concernées autour de Rouen.

Tisserand artisanal

 

L’absence de propriété terrienne en haute Normandie ne va pas retenir  la population.

En haute Normandie l’absence de propriété terrienne a favorisé l’éclosion d’une main d’œuvre artisanale compétente 180 000 femmes tissent à domicile dans la campagne rouennaise.

… à l’industrie rouennaise …

Le chemin de fer arrive à Rouen en 1843 et au Havre en 1847  Il favorise le commerce, l’offre augmente et la production va se transformer.

 

Les manufactures et les villes se développent autour des gares.

La population migre depuis les campagnes vers les banlieues industrielles.

Le cas de Rouen

2 petites rivières, affluents de la rive droite de la Seine, le Robic et le Cailly, sont utilisées pour la préparation des fils: lavage, rinçage, apprêt et teinture mais la saturation des berges, 40 usines sur 9 km va entraîner une spécialisation vers les activités de tissage moins polluantes.

Darnétal

Teinturerie
Tissage de tissus élastiques

Ma généalogie paternelle

6 de mes 8 arrière arrière grands parents  vivent à 30 km de Rouen et 2 femmes travaillent dans le textile vers 1820/1830

Mes 4 arrière.grands parents vivaient près de Rouen vers 1850/1860 et ont tous  travaillé dans l’industrie textile à un moment de leur vie.

4 teintureries, 9 filatures et 1 usine de tissage étaient implantées sur Darnétal et Saint Léger du Bourg Denis vers 1880.

Voir l’arbre généalogique de mon père Auguste Pilache:

Pilache x Malherbe: 1er et 2ème  enfants nés à Ouville l’Abbaye 1852 – 1855, les 11 autres à Darnétal, de 1856 à 1875

Leclerc x Lefort: Les parents de E.Leclerc sont arrivés depuis Alvimare  à Darnétal en 1852

Quand les professions des témoins aux différentes étapes de la vie sont connues, elles se réfèrent presque toutes à des métiers de l’industrie textile

Ma grand-mère paternelle, Célestine Leclerc, qui avait perdu ses parents très jeune, a commencé à travailler dans une filature à 9 ans (vers 1890)

Les nourrices du Morvan

Alexandre BOQUET , enfant abandonné puis placé

En faisant mes recherches aux Archives de la Nièvre, je retrouve mon arrière-arrière-grand-père paternel Alexandre. Il naît le 8 octobre 1822 à Paris. J’ai bien l’acte de son décès à Clamecy dans la Nièvre en 1900, de son mariage avec Madeleine Guyoux en 1852 à Clamecy. Mais concernant sa mère Geneviève   Marie-Louise Boquet, marchande, demeurant au 38 rue Saint-Victor à Paris, père non-dénommé, je n’ai pas beaucoup d’informations.

Direction les Archives de Paris pour retrouver trace de sa naissance. Alexandre fut abandonné par sa mère. Hospitalisée à Port-Royal, la naissance de l’enfant ne figure pas car né en dehors de l’établissement. Dans le registre des « enfants assistés » je découvre qu’il a été baptisé, qu’un certificat a été rédigé par la Maison de l’Accouchement et qu’il est né dans la rue, précisément rue des Ursulines. Ce document sera le seul dans son dossier individuel. Sont indiqués les noms de son parrain et de sa marraine. Il fut confié à l’Hospice des Enfants Trouvés.  Figure également dans le registre des enfants placés le nom de sa nourrice, Henriette Davou, qui l’accueillera le 6 novembre 1822 dans la commune de Saint-Germain-des-Bois dans la Nièvre, près de Clamecy.

Les vêtements que porte le nourrisson sont également mentionnés.

Je ne sais pas comment il fut transporté. Henriette Davou, la nourrice est-elle venue à Paris le chercher ? Rappelons que beaucoup d’enfants décèderont pendant leur transport vers la province, en raison des conditions déplorables.

A ce jour, je n’ai rien trouvé de plus concernant la mère d’Alexandre et encore moins son père. Il faut savoir que la destruction des Archives de Paris lors de la Commune rend très difficiles les recherches, voire  impossibles.

Un élément m’a interpelée, il s’appelle sur le registre Boquet Alexandre,  surnom Obérentz.

J’ai bien sûr cherché la signification de ce surnom, mais en vain.

J’ai rencontré une spécialiste des « enfants abandonnés », celle-ci m’a dit que souvent un surnom était donné au nourrisson pour permettre à sa mère de le retrouver, si elle le souhaitait.

Mais, Geneviève ne fera aucune démarche dans ce sens et très récemment j’ai retrouvé un enregistrement de son décès, daté du 19 août 1825, elle avait 35 ans et Alexandre n’avait pas 3 ans !

L'histoire des nourrices

Dès l’année 1284, s’étaient établies à Paris, dans une rue située près du Prieuré de Saint-Eloi, des femmes appelées « recommandaresses », dont le métier consistait à procurer des nourrices aux habitants de la capitale.

30 janvier 1350, l’ordonnance du roi Jean II le Bon, circonscrit l’industrie des nourrices dans quelques mains privilégiées, et règle les rapports d’intérêt qui doivent exister entre ces femmes et les familles qui les emploient :  « Nourrices nourissant enfants hors de la maison du père et de la mère, gaigneront et prendront cent sols l’an, et non plus, et celles qui jà sont allouées reviendront au dit prix et seront contraintes faire leur temps, et qui fera le contraire, il sera à 60 sols d’amende, tant le donneur comme le preneur ».

En 1611, arrêt du Parlement condamne : « à 50 livres d’amende et à la prison pour la première fois et à une punition corporelle en cas de récidive, les meneurs conduisant les nourrices ailleurs qu’au bureau des recommandaresses, et à une amende les sages-femmes et aubergistes, recevant, retirant ou louant des nourrices ».

En 1615 : le nombre des recommandaresses est fixé à quatre (lettres patentes de Louis XIII).

En 1638 Vincent de Paul découvre que les enfants abandonnés font l’objet d’un commerce : ils sont notamment vendus à des mendiants pour provoquer la   charité. Il organise alors l’accueil de quelques enfants à l’hôpital des Enfants Trouvés.

Louis XIV dans les bras de sa nourrice Dame Longuet de la Giraudière en 1638

Janvier 1715 : une ordonnance royale fait défense aux nourrices, en cas de grossesse ou de tout autre maladie, de prendre ou recevoir chez elles des enfants pour les allaiter, sous peine du fouet de 50 livres d’amende, payables par leurs maris.

L’ordonnance de 1724 défend aux nourrices « d’avoir deux nourrissons à la fois, sous peine d’amende et de fouet ».

1756 : une sentence du Châtelet de Paris interdit à toutes les nourrices « de mettre coucher à côté d’elles, dans le même lit, les nourrissons confiés à leurs soins, sous peine d’une amende de 100 livres pour la première fois, et d’une punition corporelle exemplaire en cas de récidive ».

1757 : interdiction aux nourrices enceintes de prendre des nourrissons, sous peine du fouet et de 50 livres d’amende.

En 1769 : face à de nombreux abus malgré les ordonnances et sentences, un édit royal supprima définitivement la vieille institution des recommandaresses.

C’est alors que fut créé le « Bureau général des Nourrices et Recommandaresses pour la Ville de Paris » ou Grand Bureau.

A partir de 1820, on constate une plus grande moralisation du recrutement, la nourrice doit être enregistrée à la Préfecture de Police sur présentation d’un certificat de bonnes mœurs établi par le maire de sa commune.

En 1876 : fermeture du Grand Bureau

En 1874 : La loi Roussel établit la surveillance de l’autorité publique de tout enfant de moins de deux ans, placé en nourrice, moyennant salaire.

Il y a plusieurs catégories de nourrices :

  • La nourrice sur lieu :

Phénomène de la société parisienne sous le Second Empire, la nouvelle bourgeoisie d’affaires et d’industrie de Paris, dont le besoin de paraître est évident donne sa préférence à la nourrice sur lieu.

  • La nourrice sur place :

Les grandes régions qui accueillent les nourrissons : la Nièvre, la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, l’Yonne mais surtout la partie haute de la Nièvre. Une fois acceptée, la nourrice se rend au bureau directorial et part telle une marchandise dans une voiture chercher l’enfant.

  • La nourrice sèche :

Comme son nom l’indique, elle n’a pas de lait et élève les enfants au biberon et en leur donnant à manger..

L'industrie du lait

Après le flottage du bois pour alimenter Paris en bois de chauffage, l’accueil par les Morvandelles d’enfants abandonnés, devint une véritable industrie. 

Extrait du livre de A. Armengaud : « Terre de granit, pauvre et rude, le Morvan a, dès longtemps, été incapable de faire vivre ses habitants des seules ressources agricoles. Les Morvandiaux s’efforcèrent donc d’ajouter d’autres activités au travail de la terre, et, dès le début du XIXe siècle, au moins, l’industrie des nourrices, leur apporta un complément de ressources. Il s’agissait surtout d’enfants parisiens.
Les Morvandelles, saines, robustes et lourdes, avaient la réputation d’être excellentes nourrices pour les Parisiens ».

Le premier convoi de nourrissons appelés « Petits Paris » arrive à Lormes en 1807.

Une réputation de longue date

Les romains rapportaient que les gauloises de Bibracte trempaient leurs seins dans une fontaine du Mont Beuvray pour obtenir en quantité le lait qui nourrirait leurs enfants.

Aux sources de la fée Bibracte, au somment du Beuvray, les nourrices se lavaient les seins avant le jour, sans oublier de jeter dans l’eau une pièce de monnaie ou un morceau de fromage

A Fours, le 5 février, les jeunes femmes qui attendaient un enfant se rendaient à la fontaine de Lanty pour « se frotter les poitrines » et boire un verre de l’eau merveilleuse. De nombreuses communes fêtaient aussi Sainte Agathe.

C’est à Dun-les-Places qu’on est venu chercher la nourrice du roi de Rome.

Celle du fils de Napoléon III venait, quant à elle, d’Empury.

La reconnaissance des qualités des nourrices du Morvan permit au XIXe siècle de peupler de nouveau-nés les petits hameaux.

fontaine du Mont Beuvray

La santé de « petits Paris »

Dans son ouvrage le docteur Monot signale que pour la période 1858-1864, sur les 265 enfants assistés de la Seine dans le canton de Montsauche, plus du quart est décédé. Dans son second livre il annonce un pourcentage de 33 %.

Les raisons sont le voyage en coche d’eau jusqu’à Auxerre puis les mauvaises routes empruntées en voiture suspendue dans lesquelles sont assises sur des bancs les 12 nourrices avec les enfants sur les bras. Une lettre datée de 1844 précise que le trajet Paris-Avallon se fait en 27 ou 28 heures, avec un conducteur seulement, le surveillant n’étant présent que pour les longs voyages !

Mais vient s’ajouter l’effet des sevrages prématurés, le manque d’hygiène en Morvan, la brutalité des mœurs. Mais il faut savoir qu’on n’appelle pas le médecin quand un enfant est malade. On demande à voir le rebouteux, le « gôgneux » et on utilise volontiers les amulettes. Le docteur Despiotte écrit en 1870 « Pour le Morvan, l’histoire de l’humanité n’a pas franchi le Moyen Âge. A quand le déchirement des ténèbres ? »..

La mortalité des « Petits Paris » relève sans doute autant de ces données fondamentales, des sevrages prématurés, des conditions de voyage que de l’attitude des parents nourriciers.

En 1874, la loi du docteur Roussel soumettra l’industrie nourricière à une réglementation plus stricte avec la mise en place, entre autres, de conseils aux     nourrices.

Carnet de placement de l’enfant
L’enfant assisté portera un collier jusqu’à l’âge de 6 ans. Seul, le directeur de l’agence est autorisé à rompre le collier. Lors de ses tournées il est équipé d’un jeu de colliers et d’une pince à rivets pour pallier les ruptures accidentelles.

Le salaire des nourrices

La nourrice sur lieu à Paris vers 1840 peut gagner entre 400 et 500 F. pour une période d’allaitement de quatorze mois. Elle reçoit également de nombreux cadeaux de la part de la mère de l’enfant estimés à 150 ou 200 F., des vêtements et chaussures. Si elle était destinée à une famille bourgeoise elle pouvait, entre 1890 et 1910, gagner de 80 à 90 F. par mois pendant la période d’allaitement et une seconde année à 100 F. comme « nourrice sèche », un mois de vacances payé, le mois double au jour de l’An, des vêtements…. Elle pouvait alors percevoir jusqu’à 2 000 F. par an, placés sur un livret de Caisse d’Epargne. 

Les maisons des nourrices porteront quelquefois le nom de « maisons de lait » car les revenus de cette industrie ont permis de réparer leur habitat, de recouvrir un toit d’ardoises, d’acheter quelques parcelles de bois, de prés ou de champs. Le travail de la nourrice sur lieu est à l’origine de l’ascension sociale en Morvan, de l’indépendance de nombreuses familles de tous petits exploitants.

Après voir séjourné plusieurs années dans ces familles parisiennes, la nourrice se libère peu à peu de la tutelle de son mari. Elle se reconnaitra en offrant à ses visiteurs une tasse de thé plutôt qu’un bol de café. 

La nourrice sur place reçoit environ 1 000 F. pour un enfant élevé jusqu’à douze ans. Vers 1880, le salaire sera d’environ 1 330 F. En 1911, le salaire mensuel pour les nourrissons est de 33 F. au lieu de 18 F. en 1876. Il faut ajouter la fourniture de tous les vêtements de l’enfant, la gratuité de tous les soins qui seront payés par le percepteur. D’autres indemnités et récompenses sont versées aux familles. A partir de 1885, si l’enfant obtient son certificat d’études primaires, 50 F. seront versés à la nourrice, 40 F. à l’instituteur et 10 F. à l’élève.

Ce seront des sommes importantes qui seront versées aux morvandiaux.

Les parents nourriciers ne sont plus payés dès que l’enfant a atteint l’âge de 13 ans. Ils seront alors embauchés comme valets, servantes de ferme, domestiques. Est alors signé un « contrat de placement » qui détermine les conditions de travail :

  • la nourriture, l’hébergement et le blanchissage du pupille
  • le traitement du domestique avec bonté, douceur et humanité
  • les soins médicaux nécessaires en cas de maladie
  • l’interdiction du renvoi de l’employé sans avoir consulté le directeur d’agence au moins huit jours d’avance. Le salaire annuel et l’argent de poche.

J’espère qu’Alexandre Boquet, mon arrière-arrière-grand-père paternel, décédé à presque 80 ans, aura bénéficié des meilleurs traitements par sa nourrice Henriette Davou, épouse Comte, qui décèdera quand il avait 10 ans.

 

 

Sources : Internet textes et images. Photos Exposition Nourrices (Aligny-58)

Histoire d’une nourrice et du nourrisson qu’elle gardait

Quatre départements la Nièvre, la Saône-et-Loire, l’Yonne et la Côte-d’Or concourent, dans d’inégales proportions, d’ailleurs, à former le massif granitique du Morvan, pays, par excellence, des nourrices mercenaires, des « remplaçantes » pour employer l’expression à la mode. Nulle part, en effet, comme dans ce coin de la France, ne s’exerce avec autant de succès « l’industrie nourricière », « le nourrissage » et aussi « l’élevage des enfants étrangers ». Soit « nourrices sur lieu », soit « nourrices à emporter », appelées aussi « nourrices sédentaires », le Morvan possède en abondance les sujets non seulement les plus aptes, mais encore les mieux préparés à « faire de l’allaitement à prix d’argent », de sorte qu’avec les années, ce gagne-pain de pauvre hère, devenu instrument de progrès et de bien-être, a transformé une contrée longtemps demeurée sauvage, misérable et presque inabordable en une contrée plaisante, riche, percée en tous sens de belles routes bien chargées, bien entretenues, qui font valoir aux yeux des touristes les paysages pittoresques dont la nature s’est montrée prodigue à son égard.

Des quatre fractions départementales qui constituent la région morvandelle, la fraction de Saône-et-Loire, une des plus vastes, est également une de celles où l’allaitement et l’élevage mercenaire sont pratiqués le plus communément : elle comprend deux cantons, celui de Saint-Léger-sous-Beuvray et celui de Lucenay-l’Evêque, ce dernier composé de douze communes, presque toutes fort bien dotées en nourrices, surtout les communes de Cussy-en-Morvan et d’Anost, voisines l’une de l’autre. La commune d’Anost, pour ne parler que de celle-ci, qui renferme près de quatre mille habitants, répartis dans plus de soixante hameaux, compte, en effet, près de quatre cents étrangers dont deux cents à deux cent cinquante enfants assistés de la Seine, et l’on peut évaluer à une soixantaine, au moins, le nombre des femmes-nourrices qui exercent temporairement leur industrie loin du foyer domestique, et surtout à Paris.

C’est dans un des hameaux de cette commune, non loin d’Arleuf, village situé sur la route de Château-Chinon à Autun, qu’on voyait encore, en 1880, gaie, alerte, vaquant sans répit à des travaux de ménage et de culture, la mère Coutard, une bonne vieille qui avait été jadis, en même temps qu’une jolie femme, une des plus vaillantes nourrices du pays morvandais.

Née à Saint-Prix, canton de Saint-Léger-sous-Beuvray, entrée en condition à quinze ans chez des boutiquiers d’Autun, Gladie Chalopin – c’était son nom de jeune fille – avait paisiblement et consciencieusement peiné de ses bras jusqu’au jour où les économies réalisées sur ses gages lui avaient permis de songer au mariage ; elle avait alors épousé un de ses petits-cousins, Andoche Coutard, gars solide, laborieux, d’humeur pacifique, à l’encontre de ses compatriotes, batailleurs en diable, et qui habitait sous le même toit que ses parents. Elle avait alors vingt ans, et l’année n’était pas révolue qu’elle mettait au monde son premier enfant. Or, Gladie Coutard, Morvandelle pur-sang, en parfait accord de vues, au surplus ; avec son mari, âpre au gain comme elle, n’avait qu’une ambition, comme ses pareilles : devenir « nourrice sur lieu » et, par-là, travailler à réaliser cette modeste fortune en terres, vignes ou prés, dont tout paysan, de France et d’ailleurs, rêve les yeux ouverts. Le docteur Touzet, de Saint-Léger-sous-Beuvray, qui, l’ayant connue gamine, la savait de bonne souche et de constitution aussi saine que robuste, l’aida vite à satisfaire son ambition ; grâce à ses relations avec plusieurs confrères parisiens, il lui procura un nourrisson dans une famille « huppée » de l’avenue d’Antin, et Gladie Coutard partit gaillardement « devers la capitale », les seins rebondis, pour nourrir de son lait un bébé opulent, tandis que sa belle-mère se chargeait d’allaiter « au petit pot » le petit paysan resté à la maison. Un an plus tard, Gladie rentrait au pays, fière et pimpante, avec mille francs représentant le produit moyen d’un nourrissage de première qualité, et les cadeaux traditionnels de la première dent et du sevrage, robes, rubans, bijoux, dentelles, lemanteau-rotonde et les fameuses épingles en or, insignes des nourrices de grande maison. Deux fois encore, en moins de cinq ans, la belle Morvandelle recommença ses caravanes aux Champs-Elysées et au bois de Boulogne, toujours avec succès et sans rien perdre, d’une façon appréciable, du moins, de ses avantages physiques ; mais, lorsque au bout de treize mois de séjour sous le toit marital, après ces deux exodes successifs, elle devint mère pour la quatrième fois, si sa santé n’avait pas été altérée, si sa prestance était restée la même, il s’en fallait que la fraîcheur de son teint et le charme de sa personne eussent victorieusement résisté aux labeurs d’une existence plutôt tourmentée. Force lui fut donc, à l’occasion de cette nouvelle maternité, de renoncer aux fructueux bénéfices d’un allaitement aristocratique et d’accepter un nourrisson de deuxième catégorie, producteur, à la vérité, d’un boni de six cents francs, puis un autre, à trente mois d’intervalles, dans des conditions identiques.

Mais, à cette époque, Gladie atteignait sa trente-troisième année et, fanée sinon vieillie avant l’âge, dépourvue en partie de ces attraits que la vanité des dames du monde recherche chez les « nounous » décoratives, elle comprit qu’il fallait de nouveau rabattre de ses prétentions : l’allaitement sur lieu lui était interdit. Sur ces entrefaites, du reste, sa belle-mère était morte, et cette précieuse collaboratrice, cette maîtresse femme qui avait régenté le ménage et surveillé, de concert avec Andoche, la progéniture de sa bru durant les absences de cette dernière, lui manquant, Gladie se vit condamnée à garder désormais le logis, sans pour cela renoncer, le cas échéant, à l’exercice de son industrie ; elle se mua en « nourrice sédentaire » au cours des quatre nouvelles maternités qui, dans l’espace des six années suivantes, firent tressaillir ses flancs généreux, et fut amenée ainsi à s’adresser deux fois aux « bureaux bourgeois » de la capitale, qui lui fournirent des nourrissons à emporter, et deux fois à l’hospice dépositaire de la rue d’Enfer aujourd’hui rue Denfert-Rochereau, qui lui confia des « enfants à lait ». Entre temps, elle obtint du directeur de l’Agence des enfants assistés de Lucenay-l’Evêque, pour les élever jusqu’à leur treizième année, cinq pupilles du département de la Seine au-dessous de six ans, cinq de ces « petits Parisiens» c’est le nom qu’on leur donne généralement envoyés en province, où, placés, moyennant un prix de pension réglementaire, chez de braves gens qui s’entendent à les utiliser, ils ne tardent pas à faire partie de la famille.

Gladie Coutard avait près de quarante et un ans, lorsqu’elle devint mère pour la dixième fois. Bien qu’elle eùt dépassé l’âge fixé comme limite par le règlement, – quarante ans, – elle manifesta le désir d’avoir un nouveau nourrisson de l’Assistance, et le maire d’Anost, en raison des mérites professionnels, si on peut dire, de sa féconde et courageuse administrée, ne se refusa pas à favoriser la réalisation de ce désir : rajeunie d’un an, grâce à un certificat de complaisance, – fâcheux expédient quelquefois employé dans certaines agences d’enfants assistés, – Gladie fit une fois encore le voyage de Paris, d’où elle ramena le nourrisson désiré. De piètre mine, par exemple, celui-là ! Profondément atteint de misère physiologique, c’était un de ces êtres disgraciés, une de ces victimes de la fatalité sociale comme en produit fréquemment – trop fréquemment – la grande ville : son livret administratif, à couverture bleue – la couleur rouge désigne les livrets de fille – portait en première page, concurremment avec le numéro matricule, la mention « inconnu », et, au-dessous « catégorie T. » : enfant trouvé ! Un passant, en effet, l’ayant ramassé, la nuit, au bord d’une bouche d’égout, l’avait porté au commissariat de police le plus voisin ; à son tour, le commissaire de police, après avoir conformément à la loi dressé un procès-verbal de constat, avait envoyé « le trouvé » à l’hospice dépositaire ; le lendemain, les formalités d’usage remplies, – le collier rivé autour cou, l’immatriculation, etc, – on l’avait confié à « Gladie Chalopin, femme Coutard », arrivée la veille avec le convoi mensuel de nourrices de l’Agence de Lucenay-l’Evêque, et la femme Coutard l’avait emporté dans le Morvan, muni de son livret, qu’on n’avait pas eu le temps de régulariser. Le procès-verbal de constat n’était pas encore parvenu à l’hospice, et la régularisation ne devait s’effectuer que plus tard, sur place, quand le document officiel aurait été envoyé de Paris au directeur de l’Agence.

Cette créature chétive, malingre, – un vrai chat écorché, – âgée de vingt-quatre heures à peine au moment de l’abandon, Gladie, pénétrée du sentiment des devoirs que lui imposait une maternité dont elle avait volontairement accepté la charge, l’avait entourée d’une sollicitude de tous les instants, et la satisfaction inespérée lui avait été donnée de voir naître, en quelque sorte, une seconde fois, cet enfant à la vie, prendre des forces, devenir même vigoureux, si bien que l’agent de surveillano et le médecin du service chargés, l’un et l’autre, de visiter à époque fixe les enfants assistés du département de la Seine, lui avaient adressé leurs félicitations les plus vives. Malheureusement, il fut bientôt avéré que si le nourrisson se développait normalement au point de vue physique, il n’en allait pas de même au point de vüe intellectuel : on le devinait à son visage, impassible devant les agaceries qui sollicitaient de sa part un mouvement expressif, à ses yeux mornes d’où ne jaillissait jamais l’étincelle lumineuse qui trahit la pensée, fût-elle encore incertaine et confuse.

Ma pauvre Coutard, dit un jour le médecin à la bonne femme, qui s’inquiétait, vous n’avez pas eu la main heureuse, cette fois ; vous avez ramené un « berdin » de l’hospice.

Un berdin, un innocent !

La peine qu’éprouva Gladie à cette révélation ne se peut décrire. Songez ! elle qui

S’enorgueillissait sans cesse devant ses parents, ses amis, ses voisins, d’avoir « fait venir toute une maisonnée de gâs et de gâtières ». Allaiter un misérable idiot, quel triste couronnement de sa laborieuse et brillante carrière ! Allait-elle le garder ? Allait-elle le rendre à l’Assistance, ce malchanceux qui lui valait une si cruelle humiliation ? Une autre que Gladie eût hésité ; Gladie n’hésita pas : par devoir professionnel autant que par humanité, et plus encore par affection, elle ne voulut pas abandonner cette créature déshéritée du ciel et de la terre qu’elle avait suspendue à son sein, qu’elle avait arrachée à la mort au prix des soins les plus dévoués, qui lui tenait au cœur par les liens étroits de l’accoutumance, et, malgré les réflexions équivoques de son entourage, malgré les dires décourageants des commères, assemblées en conseil, l’inconnu, l’enfant trouvé, l’innocent resta, du plein gré de sa nourrice devenue sa mère, dans la maison dont une pensée de lucre lui avait tout d’abord ouvert la porte à deux battants.

Ainsi grandit et, avec les années, se fortifia quand même, le berdin, tout en conservant les apparences d’une enfance qui persistait dans les manifestations les plus voisines de l’état de nature. Coiffé d’un béguin en indienne ou en drap, suivant la saison, vêtu d’un justaucorps boutonné par derrière et d’un jupon, une bavette sous le menton, il semblait n’avoir pas de sexe, marchant avec peine, lourdement et seulement quand le soutenait une main amie. Aussi, le directeur de l’Agence de Lucenay-l’Evêque, « le préposé », nom sous lequel on désignait encore, à cette époque, le représentant de l’Administration, avait-il soin, chaque année, de lui délivrer, au lieu de « la vêture » réglementaire destinée aux garçon » un « paquet » pour fille, dont Gladie s’empressait d’adapter elle-même les diverses pièces à la taille et à la corpulence du berdin ; et de s’extasier alors devant « la tant belle mine et la tant belle braveté d’ce chéti gas, si bin vétu », qu’elle lavait, peignait, cocolait et dorlotait à plaisir, appelant les voisines pour le leur faire admirer :

– Hein, les foones (les femmes), disait-elle, l’air radieux, es t’y biau, lidrolet ? 01 ersembe ai nain p’tiot angelot, es pas ?

Les voisines, peu désireuses, naturellement, de se voir rembarrer, « la grattaient où ça la démangeait, » et Gladie, enchantée d’une approbation qu’elle prenait pour argent comptant, s’écriait en faisant sauter l’enfant sur son bras :

– Ah! mé, y a pas à dire, ol es tout d’mâme biau ! R’gardez ces zolis ch’veux, ces zolis reuillots (yeux), et cett’ zoli boucette, et cett’ zoli airelle (oreille) ! Bon sang de bon sang, jaimas j’n’ave ran vu d’chi chanti !

Et dupe de ses propres illusions, – la mère ni la nourrice ne trouvent leurs enfants laids, a dit Agrippa d’Aubigné, – elle se plaisait à converser des heures avec « le berdin », s’efforçait de lui inculquer des notions sommaires sur toutes choses, ustensiles, denrées, fruits, vêtements, le reprenant doucement quand il se trompait, l’interrogeant, parfois, pour se rendre compte de ses progrès et favoriser le plus possible l’éveil de son intelligence.

– Qu’on qu’te dis’ m’ami? questionnait-elle ; parle mé, voyons !… T’ai vu la bique e ol bicot comme y joupent (sautent) ? E ol viau, t’l’ai vu ? E la coche aivec lai nourrins (la truie avec les gorets) t’ai vu comme y s’trémoussent trétous ?.. E la vaque comme y fai, di ?… Y fai : « Moum ! moum !… » es pas ?

– Moum ! moum ! répétait le berdin.

– Bin, ça, p’tiot !… E lai dindons comme y berdouillent, voyons, dis ?… T’auras du fourmèze… eune belle plieume (plume) e eune belle flieur… Y font lai dindons ?

– Glou, glou, glou !

– Eh ! mardié! (eh! ma foi !) dirait-on pas qu’c’est ol dindon li mâme !… y sen-t-y countente !

Tin, t’a ben gaigné l’fourmèze, m’ami !

Dans son ingénieuse tendresse, elle se contentait de peu, la bonne Gladie ! Ne se décourageant d’ailleurs jamais, répétant sans cesse que son p’tiot était « un gros malin » qu’ « il cachait son jeu », qu’ « un jour viendrait où il étonnerait tout le monde », elle avait coutume dire, à ce propos, avec un sourire entendu :

– Faut vouai ! all n’ai pas not por entendre lai poulots gigler e lai couchons couiner ! (Faut voir! Il n’est pas le dernier à entendre les poulets chanter et les cochons grogner !)

Son p’tiot ! « p’tiot Coutard, » comme on disait communément, en parlant du berdin, dans le hameau et dans les environs, où chacun le tenait pour un des membres de la famille Coutard, et non des moindres, en dépit de ses nom et prénoms, désormais inscrits sur son livret administratif, enfin rectifié ; car il s’appelait légalement, à présent, de par le procès-verbal de constat, « Luc Chaumière, » Chaumière, parce qu’il avait été trouvé dans la rue de la Grande-Chaumière, à deux pas du boulevard du Montparnasse, et Luc, parce que, le jour de son invention, le nom du peintre évangéliste figurait au calendrier. Au surplus, Gladie l’appelait couramment « not’fi », et n’entendait pas raillerie à ce sujet. Elle l’avait montré dans une circonstance mémorable, quand il était encore tout jeunet.

Une fois l’an, le jour de l’Apport – la fête patronale du pays – tous les Coutard, ceux, du moins, qui n’habitaient pas trop loin, sans compter les « petits Parisiens » élevés dans le même giron, accouraient, suivis de leur famille : ils venaient s’éjouir ensemble « chez les vieux » et resserrer les liens d’affection qui les unissaient. La table en chêne massif recevait donc, à cette occasion, sur son entourage de bancs, luisants d’usure, nombreuse compagnie. Or, au centre et du côté droit, à la place d’honneur, entre Gladie et Andoche, siégeait, de fondation, « 01 p’tiot raipotot », – le petit malfichu, plaisanterie du cru, – lequel ne manquait jamais de « faire des siennes », c’est-à-dire de taper de la cuiller contre son assiette en fer-blanc, de renverser la salière, de secouer les brocs, d’accrocher les plats au passage, ce qui ne laîssait pas, malgré tout, d’indisposer plus d’un des assistants, à telles enseignes que l’un d’entre eux se hasarda à demander que le berdin ne mangeât plus dorénavant à table le jour de l’Apport. Il achevait à peine de formuler sa réclamation, que Gladie se dressait sur ses jambes, tout encolérée :

– De quoi ! s’écria-t-elle, ça vous fait poine ai l’vouai, ce mignon ? Ben, ran dpu facile : vous l’vouairai pu, mes gas !

La-dessus, prenant l’enfant entre ses bras :

– Ça, m’ami, ajouta-t-elle, pis qu’on ne voule pas d’toi, on ira manger ensemble aivec l’père dans l’courtil Andoche, ven nous-en !

On devine le tumulte qui suivit. Ce fut à qui barrerait le passage à la mère et se répandrait en paroles amiteuses pour l’apaiser ; blessée au vif, la mère se déoattit, ne céda qu’après une longue résistance, encore d’assez mauvaise grâce.

– Si faudrait-y choisir entre trétous, déclara-t-elle, enfin, se rasseyant, c’ès mon p’tiot qu’fchoisirais : le mettez-vous doré lai airelle. Qui qu’s plaît pas ichi, y n’ave qu’à demourer cheu soi !

On se le tint pour dit, et plus jamais dans la famille, nul ne s’étonna de voir le berdin siéger, à table, en bonne place, aussi bien dans les grandes occasions qu’en temps ordinaire. Sur les dix enfants, garçons ou filles, issus du ménage Coutard, huit s’étaient mariés, deux étaient morts ; et, tandis que la mère résistait à l’assaut des ans, le père, frappé avant l’heure, avait disparu : aussi Gladie avait-elle réparti, moyennant une rente, entre les survivants, tout le bien qu’elle ne pouvait faire valoir, son mari lui manquant ; elle n’avait conservé que la maison familiale, compris le courtil attenant, plus un champ d’étendue moyenne qu’elle était de force à cultiver elle-même ; malgré toutes les offres de service, elle avait voulu vivre seule, sous son toit, avec le berdin dont elle avait, d’ailleurs, réglé le sort pour le jour où elle le précéderait dans la tombe ; sa fille aînée, Lazarette, mariée à Roussillon, un village tout proche…, devait, ce jour-là, prendre l’innocent en charge et en répondre au regard de l’Administration.

Le berdin avait successivement franchi toutes les étapes de la carrière pupillaire : « Enfant à lait, » du jour de son entrée dans le service à son douzième mois ; « enfant sevré, » de son douzième mois à sa troisième année ; « enfant à la pension, » de sa troisième année à sa treizième, enfin « enfant hors pension », de sa treizième année à sa vingt et unième. Il avait été titulaire, vu son infumité, d’une « pension supplémentaire », pendant qu’il appartenait à la troisième catégorie des pupilles, et, pendant qu’il appartenait à la quatrième, d’une « pension extraordinaire », car, à partir de leur treizième année, les enfants assistés doivent, quand ils le peuvent, gagner leur vie.

Luc Chaumière, afiligé d’une infirmité qui le rendait incapalllc de tout travail et réclamait des soins assidus, jouissait d’une pension mensuelle de trente francs, une belle somme dans le Morvan, surtout à l’époque dont nous parlons.

Pour cassée, racornie, ridée, parcheminée qu’elle fût, après une existence si tourmentée, la mère Coutard besognait ferme, tout en veillant sur son p’tiot comme sur la prunelle de ses yeux. Très rarement elle le laissait seul, et pas pour longtemps. Allait-elle aux champs, elle l’emportait sur son échine, à caliourchon, puis le déposait au pied d’un arbre, au revers d’un fossé, tandis qu’elle bêchait, sarclait, récoltait le sarrasin, le seigle, « la treuffe » ou pomme de terre ; gardait-elle le logis, elle l’installait au coin de la cheminée ; s’il faisait mauvais, dans la cour intérieure, entre le courtil et la maison ; s’il faisait beau, sous un grand sureau qui donnait de l’ombre ; là, campé sur une chaise haute, barrée par devant et munie d’une augette, au dossier de laquelle le liait solidement un linge tordu, une corde de chanvre ou une lanière de cuir, le berdin régnait en maître.

Fréquemment, les enfants du hameau, lorsqu’ils allaient en classe, au chef-lieu de la commune, ou qu’ils en revenaient, poussaient la porte charretière donnant accès dans la cour et s’amusaient à le taquiner ; pas méchant pour un sou, celui-ci riait, bouffonnait avec eux ; des fois, néanmoins, agacé par des attaques un peu vives et quelqu’un de ses tourmenteurs l’approchant de trop près, il l’empoignait par la tignasse et vous le secouait bellement.

Si les soins attentifs que dispensait la mère Coutard à l’innocent lui avaient mérité l’estime et la sympathie de tous ceux qui la connaissaient, il serait injuste de penser que l’Administration, de son côté, dans la personne de ses représentants locaux, ne les eût pas appréciés à leur valeur : le directeur de l’Agence de Lucenay-l’Evêque, le médecin de la circonscription médicale de Cussy, aussi bien que le maire de la rommune d’Anost, étaient d’avis qu’une récompense honorifique était due à cette digne femme ; d’autant que trois ou quatre ans auparavant, la presse française avait mené grand bruit de la solennité dont une des communes de la circonscription médicale d’Ilesdin, dépendante de l’Agence de Montreuil-sur-Mer, dans le département du Pas-de-Calais, avait été le théâtre, à l’occasion de la médaille d’or décernée par l’administration générale de l’Assistance publique de Paris à une de ses anciennes nourrices qui avait allaité ou élevé trente-deux enfants.

Pour moins nombreux que ceux de la nourrice pirarde, les nourrissons et les élèves de la nourrice morvandelle formaient cependant une assez longue liste et, somme toute, si « les états de services » de ces deux « remplaçantes » émérites n’étaient pas tout à fait équivalents, ils ne laissaient pas que d’être, des deux parts, fort respectables. Cette liste, le directeur de l’Agence, après l’avoir méthodiquement dressée, l’avait jointe au rapport élogieux et circonstancié dont il avait saisi son supérieur hiérarchique. Des constatations ainsi établies, il résultait que Gladie Chalopin, femme Andoche Coutard, avait mis au monde dix enfants, sur lesquels cinq avaient été allaités par elle ; qu’elle avait fait cinq « nourrissages sür lieu », dont trois de première catégorie et deux de seconde, plus cinq nourrissages « sédentaires », deux pour le compte de bureaux bourgeois et trois, en comptant le berdin, pour le compte de l’hospice dépositaire, enfin qu’elle avait élevé cinq pupilles de l’Assistance âgés de moins de six ans, soit, au total, vingt-cinq enfants. Le rapport du directeur d’agence ajoutait que Gladie Coutard avait toujours eu une conduite irréprochable et qu’elle jouissait dans la contrée d’une réputation d’honorabilité légitimement acquise tant au point de vue professionnel qu’au point de vue privé. L’administration avait favorablement accueilli, semblait-il, les propositions de son représntant, propositions appuyées, d’ailleurs, par le préfet de Saône-et-Loire près de son collègue de la Seine, à la suite d’une démarche personnelle du maire d’Anost.

Déjà chacun s’apprêtait à fêter l’excellente créature qui incarnait en sa personne le type de la fécondité traditionnelle et des mérites professionnels du Morvan ; une ou deux semaines encore, et l’opinion publique ne pouvait manquer de recevoir la satisfaction impatiemment attendue, lorsqu’une irrémédiable catastrophe vint bouleverser toutes les espérances.

Le directeur de l’Agence de Lucenay avait avisé par lettre Gladie Coutard qu’il se rendrait à la mairie d’Anost avec le percepteur le mardi suivant, jour de payement des pensions trimestrielles d’enfants assistés : la pension de Luc Chaumière étant la seule de cette nature qu’il eût à régler par-là, il était assez naturel – il en avait été ainsi d’autres fois – que l’ex-nourrice vînt recevoir son dû au chef-lieu de la commune. La mère Coutard s’était rendue de bonne grâce à l’invitation du « préppsé ». Ses comptes réglés avec le directeur d’agence et le percepteur, elle rentrait au logis, à son bras le panier contenant ses livrets et les fonds qu’elle avait touchés. Le coeur en liesse – « le préposé lui avait spufflé à l’oreille quelques mots qui lui en disaient long sans en avoir l’air, » – elle venait de remonter lestement la côte, et commençait à la dévaler, les yeux attachés sur le pittoresgue panorama qui se déroulait devant elle, lorsqu’il lui sembla qu’un gros nuage planait sur le hameau, précisement du côté où elle habitait.

Là, dans cet antique logis que les Coutard occupaient de père en fils, depuis plus d’un siècle, elle avait, trois heures auparavant, laissé son p’tiot installé, avec les précautions d’usage, dans sa chaise haute : le pauvret avait dü s’ennuyer un tantinet, puis faire un long somme en attendant sa vieille nourrice ; rien à craindre pour lui, d’ailleurs ; la porte fermée simplement au loquet, une voisine, femme de tout repos, amie de la mère Coutard et aussi âgée qu’elle, était chargée de le surveiller de temps en temps, comme il advenait toujours en pareille occurrence.

La vue de ce nuage déroulant ses volutes au-dessus du hameau par le ciel clair étonna et bientôt inquiéta la mère Coutard : elle hâta le pas, et son inquiétude grandit lorsqu’elle constata que le nuage s’épaississait, s’étendait, tandis que parvenait à son oreille un bruit de voix dont, à cette distance, la signification lui échappait. L’anxiété de la vieille femme devint de l’angoisse au moment où des lueurs rougeâtres jaillirent brusquement des flancs du nuage.

– Le feu ! s’écria-t-elle. Bonne Vierge ! dirait-on pas qu’c’est devers cheu nous qu’ça brûle !

Elle se mit à courir et, en quelques minutes, atteignit, au bas de la côte, le chemin de grande communication qu’elle traversa rapidement et s’engagea dans « la voyette », à l’extrémité de laquelle s’élève le hameau.

Comme elle passait, toujours courant, devant l’atelier du maréchal-ferrant, la patronne, qui relevait de couches et se tenait debout sur le seuil, n’osant pas sortir, lui cria :

Y a du malheur dans vot’ quartier, la mère ! Not’ homme ail’ es parti y voir !

Jetant dans l’atelier, sans répondre, panier, livrets, argent, Gladie se lança de plus belle en avant, éperdue.

– Sainte Vierge, mon p’tiot ! Sainte Vierge, mon p’tiot ! gémissait-elle.

De vrai, le pâté de maisons habité par Gladie Coutard était en feu. Trouvant un aliment favorable dans le chaume qui couvrait ces antiques demeures et dans les assioles, – écailles de bois – qui revêtent les murs à l’orientation du nord pour les protéger contre les frimas, les flammes exerçaient furieusement leurs ravages.

Construite à l’une des extrémités du quartier, la maison de la famille Coutard avait paru, au début du sinistre, ne courir aucun risque, protégée par son isolement même ; tous les, efforts des sauveteurs s’étaient donc concentrés sur les maisons déjà atteintes et dont les habitants avaient pu, l’incendie ayant éclaté en plein jour, après s’être mis à l’abri du fléau, s’employer au sauvetage de leur bétail ainsi que de leurs meubles, vêtements et outils agricoles ; quant au logis Coutard, nul, naturellement, n’avait songé à le déménager, puisque à ce moment il n’inspirait pas de crainte, et le berdin y était resté enfermé à l’insu de tous.

Lorsque Gladie arriva sur les lieux, le feu avait fait des progrès effrayants : des flammèches, échappées d’un vaste brasier, volaient de tous les côtés ; l’une d’elles, par malheur, vint tomber sur le couvert de paille de la seule maison restée jusqu’alors indemne, et le toit se mit aussitôt à flamber.

Poussant un cri terrible, Gladie voulut se précipiter vers la chaumière.

– Mon p’tiot! fit-elle.

Alors seulement les assistants se rendirent compte du résultat lamentable de leur oubli : comprenant que toute intervention serait vaine, ils tentèrent d’arrêter la vieille nourrice ; dix mains la saisirent à la fois ; elle se dégagea de leur étreinte ; le désespoir décuplait ses forces ; elle se jeta sur la porte, qu’elle enfonça plutôt qu’elle ne l’ouvrit, d’une poussée surhumaine et s’engouffra dans le brasier. Au même instant le toit s’effondrait avec fracas au milieu d’une pluie d’étincelles…

Lorsqu’il fut possible, quelques heures plus tard, de pénétrer dans l’étroit espace circonscrit par des pans de murailles encore debout, on découvrit, parmi les décombres fumants, deux corps carbonisés, informes, étroitement enlacés. La même bière reçut ces deux misérables corps de femme et d’enfant qui n’en formaient plus qu’un, en quelque sorte, et tout petit.

Les funérailles eurent lieu le surlendemain. Placée sur un char traîné par des boeufs, la bière disparaissait sous un amoncellement de fleurs et de feuillage, et, derrière ce char rustique, venait, en rangs pressés, la foule, profondément recueillie. C’est que, – nul ne s’y pouvait méprendre, – ce n’étaient point là seulement des parents, des amis, des compatriotes accompagnants, de par la coutume ancestrale, un des leurs au champ du repos ; c’était le Morvan, le Morvan tout entier, atteint dans sa personne morale, qui s’honorait lui-même en suivant le convoi de la vaillante femme tombée victime de son devoir.

Mais, plus éloquents que ces marques de sympathie, plus éloquents que les discours officiels du sous-préfet, du maire, on aurait pu surprendre les propos de quelques vieilles bonnes femmes, propos familiers qui eussent doucement remué le coeur de la mère Coutard, si elle avait pu les entendre :

– Poore foone ! All’ es d’dans l’tro, ai présent ! Mé tout d’même, all’ es bin countente d’y ete, pour ce qu’all y es aivec son p’tiot !

Antonin Mule

Rattachement de la Savoie à la France

Mes ancêtres savoyards

C’est en 1887 que nait dans un petit village de Savoie ma grand-mère paternelle, Joséphine Marie Petit-Barat.

Retrouver ses ancêtres alors que le duché de Savoie faisait partie du royaume Sarde, tout comme le comté de Nice, ne semblait pas évident. Les actes antérieurs à 1860 seraient-ils accessibles en France ? en Italie ? rédigés en italien ?  Il faut noter que les troupes espagnoles ont également occupé la Savoie de 1742 à 1749.

J’ai retrouvé une grande partie des actes de naissance de mes ascendants dans les registres de la commune de naissance de ma grand-mère ainsi qu’aux  Archives départementales de Chambéry et, le tout, rédigé en Français.

La branche Petit-Barat de 1887 à 1717 :

Joséphine, ma grand-mère, nait en 1887
Alexis, mon bisaïeul nait en 1845
Calixte mon trisaïeul grand-père, nait en 1816
Claude mon quadrisaïeul grand-père, nait en 1784
Pierre, mon quinquaïeul grand-père, nait en 1751
Claude, mon sextaïeul grand-père nait en 1717

Je me suis donc intéressée à l’année 1860, date de l’annexion de la Savoie  à  la France et à la période qui précède afin de mieux comprendre cette particularité.

1860 Le rattachement de la Savoie à la France

C’est le résultat d’un lent processus qui s’accélère après l’entrevue secrète de Plombières le 21 juillet 1858, entre Napoléon III et Cavour, ministre du gouvernement Sarde.

Le jeu des alliances, la guerre, la propagande pro ou anti-annexion ont permis le rattachement pacifique des pays de Savoie à la France dans un large consensus populaire.

Cavour et Napoléon III
Le duché de Savoie avant 1860

Les évènements qui précèdent l’annexion

  • 21 juillet 1858: entrevue à Plombières-les-Bains entre Napoléon III et Cavour, premier ministre du royaume de Piémont-Sardaigne. Inquiet de la volonté hégémonique autrichienne en Italie, Cavour négocie le soutien de la France. La Lombardie, la Vénétie et la Romagne iraient au royaume sarde. Le pape garderait Rome et ses environs. Les autres états de l’église formeraient le royaume d’Italie centrale. En contrepartie, le duché de Savoie et le comté de Nice seraient cédés à la France et le prince Napoléon Jérôme épouserait la princesse Clotilde de Savoie, fille de Victor-Emmanuel II.
  • 29 janvier 1859 : signature du traité d’alliance entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne, traité de non agression.
  • 29-30 janvier 1859 : mariage du prince Napoléon Jérôme, neveu de Napoléon Ier et de la princesse Clotilde de Savoie, fille du roi Victor-Emmanuel II.

Le banquet offert par la Ville de Paris

  • Mars 1859 : signature d’un traité secret stipulant la neutralité de la Russie en cas de guerre entre l’Autriche et la France
  • 26 avril 1859 : l’Autriche déclare la guerre au royaume Piémont-Sarde et fournit des armes aux Lombards.
  • 3 mai 1859 : la France déclare la guerre à l’Autriche en application du traité du 29 janvier 1859
  • 20 mai 1859 : victoire française à Montebello
  • 4 juin 1859 : victoire franco-sarde à Magenta
  • 24 juin 1859 : victoire française à Solférino et victoire sarde à San Martino

· 8 juillet 1859 : signature de l’armistice de Villafranca en Vénétie, par Napoléon III et François-Joseph. Ces difficiles campagnes conduisent Napoléon III à renoncer à la Savoie.

    Lors de la traversée de la Savoie, les troupes françaises sont acclamées par les Savoyards. Napoléon III revient sur le projet de 1858 discuté secrètement avec Cavour.

  Après plusieurs tentatives avortées, les deux puissances trouvent enfin un terrain d’entente. Les modalités de rattachement de la Savoie à la France sont formalisées. Le texte définitif, préparé par Cavour et Edouard Thouvenel, ministre des Affaires étrangères, est signé le 24 mars 1860.

Message de Victor Emmanuel à la population

L’article premier stipule que Victor-Emmanuel II « consent à la réunion de la Savoie et de l’arrondissement de Nice à la France ». Ce transfert de territoires entre deux souverains doit se faire dans le respect des populations concernées (art. 1) et tenir compte des situations personnelles tant des serviteurs de l’Etat (art. 5) que des simples sujets (art. 6).

24 mars 1860 Signature du traité de Turin

Camille Benso comte de Cavour
Edouard Thouvenelle, ministre des affaires étrangères

22-23 avril 1860 : déroulement du plébiscite. Chaque commune de Savoie organise un vote à bulletin secret pour répondre par « oui » ou par « non » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? » On enregistre 130 533 « oui », 71 abstentions et 235 « non ». Les savoyards avaient obtenu certaines garanties : le maintien du nom de leur province, une cour d’appel (l’ancien Sénat de Savoie), un archevêché à Chambéry, les évêchés suffragants d’Annecy, de Moûtiers et de Saint-Jean de Maurienne ainsi que la zone franche avec la Suisse.

Ce plébiscite valide pour la première fois un transfert de territoire entre deux états, approuvé par la population

Affiche symbolisant le rattachement de la Savoie
Chambéry fête le rattachement à la France
  • 29 avril 1860 : proclamation officielle des résultats du plébiscite par la Cour d’appel de Chambéry
  • 29 mai 1860 : traité de Turin ratifié par la Chambre des députés de Turin
  • 12 juin 1860 : ratification française du traité de Turin
  • 14 juin 1860 : signature du procès-verbal de remise de la Savoie à la France par le représentant du gouvernement Sarde et le sénateur Armand Laity
  • 15 juin 1860 : une loi impériale divise la Savoie en deux départements, la Savoie et la Haute-Savoie.
Signature du procès-verbal de cession par les commissaires de France et de Sardaine (croquis de M.A. Deroy)

27 août – 5 septembre 1860 : voyage impérial de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie. Ce fut l’occasion de rendre carrossable la route reliant  Sallanches à Chamonix qui contribue au développement du tourisme alpestre et de l’alpinisme à la fin du XIXe siècle.

Napoléon III
Impératrice Eugénie

Les élections qui se succèdent et la guerre de 1870 seront l’occasion pour les savoyards de montrer leur attachement à leur nouvelle patrie.

L'évolution de l'état civil en Savoie

En Italie au XIIIe siècle, l’Eglise enregistre tous les actes. Les évêques y voient un moyen de vérifier les degrés de parentalité entre individus mais aussi de percevoir des droits.
. En Savoie, les actes paroissiaux apparaissent au XVIe siècle (Tignes en 1500).
10 août 1539 : l’ordonnance de Villers-Cotterêts est appliquée puisque le duché est occupé par le France de 1536 à 1560.

. En 1560 le duc Emanuel Philibert impose l’enregistrement des actes par les ecclésiastiques. Les registres sont déposés fin décembre auprès des juges des provinces.
. En 1561 nouvel édit : seule une copie des registres est déposée aux greffes des tribunaux

. En 1723 et 1730 le Sénat de Savoie demande que les noms et prénoms des  parents apparaissent dans les actes.
. De 1792 à 1815 : occupation de la Savoie par la France. Les registres sont transférés dans les mairies.
. De 1815 à 1860 (restauration Sarde) : les registres antérieurs à 1792 situés en mairie doivent être restitués à leurs précédents propriétaires. Les curés enregistrent donc les actes.
. En 1832 Charles Albert met en chantier le Code civil, compromis entre les lois Sardes et Napoléoniennes. Les registres sont désormais tenus en trois exemplaires, deux originaux pour les curés et greffes des tribunaux, une copie pour les chancelleries épiscopales. Les actes ne sont plus enregistrés en latin.

. A partir de 1860 : l’Etat civil devient une compétence municipale.

La Savoie et la langue française  : La Savoie a toujours été une terre de langue et de culture française. Jamais on n’y a parlé italien ou piémontais et les comtes, ducs ou rois ne l’ont jamais imposé. Du temps du duc Amédée VIII, on écrivait les textes officiels en latin, on parlait français à la cour et le peuple parlait le savoyard, c’est à dire l’ancêtre du patois actuel issu de la langue des peuples anciens modifiée et enrichie par le latin. Lorsque le roi de France décida en 1539 que le français devait être utilisé dans les actes officiels, les notaires et curés savoyards n’eurent guère de difficultés à appliquer la règle, ce qui montre bien qu’ils connaissaient la langue.  (NB: la France a occupé la Savoie de 1536 à 1559). A noter que la constitution de 1848 reconnaissait que le français était la langue officielle des régions où elle était parlée.

 Sources :  Archives départementales de Savoie et images Interne

Chronologie de l'histoire de la Savoie (1535-1860)

1535          La messe est interdite à Genève. La réforme protestante se rapproche de la Savoie.

1536          Les Bernois et les Valaisans occupent le Chablais. Le protestantisme s’y installe.

1536          Charles III, inquiet des ambitions françaises sur le Milanais, prend le parti de Charles-Quint,

1536          François 1er , en représailles, annexe la Bresse, le Bugey et le Val Romey. Genève s’isole de la Savoie.

1536          Les armées françaises envahissent la Savoie et la France y installe son administration.

1536          Charles III, Duc de Savoie, est contraint de quitter la Savoie et d’installer sa capitale provisoire à Turin.

1536          François 1er crée le Parlement de la Savoie Française à Chambéry

1536          Publication par François 1er de l’Edit de Villers-Cotteret de 1539 applicable à la Savoie : obligation pour les curés de consigner, en français, dans des registres paroissiaux, les naissances, puis les mariages et les décès. (les premiers registres encore existants commencent vers 1550, en fait, plutôt vers 1600)

1553          Emmanuel-Philibert 1er, « Tête de Fer » devient Duc de Savoie, « émigré » en Piémont.

1559          Emmanuel-Philibert, soucieux de récupérer son Duché, se rapproche de l’Empire. A la tête des armées de Charles-Quint, il bat les armées françaises d’Henri II à la Bataille de Saint-Quentin.

1559          Traité de Cateau-Cambrésis. Emmanuel-Philibert reçoit de Charles-Quint le prix des efforts déployés à ses côtés. Il récupère la Savoie Française et épouse Marguerite de France, sœur d’Henri II. Une réorganisation importante du Duché est entreprise.

1559          Installation d’un Sénat à Chambéry et d’un autre à Turin 1561-1563. La capitale du Duché, trop exposée à Chambéry, est transférée à Turin. La sépulture des princes, jusque là à Hautecombe, est installée à Superga, tout près de Turin.

1561          Recensement pour la gabelle du sel en vue de créer de nouvelles ressources fiscales régulières pour financer, notamment, une armée permanente.

1563          Fin de l’occupation française. La Savoie est divisée en sept provinces.

1564          Berne rend à la Savoie Gex, Ternier, Gaillard et Chablais.

1569          Les Valaisans rendent à la Savoie la partie du Chablais qu’ils lui avaient prise.
1576/1586   Peste à Chambéry et dans le Petit Bugey

1593           Re-catholicisation du Chablais par François de Sâles. Elle est achevée en 1598

1598          Edit Ducal réglementant l’usage des armoiries tant par l’aristocratie que par la bourgeoisie.

1600          Henri IV fait envahir la Savoie par Lesdiguières

1601          Traité de Lyon : la Savoie perd définitivement la Bresse, le Val Romey, le Pays de Gex et le Bugey

1602          Tentative avortée des Savoyards pour reprendre Genève : « L’Escalade ». Evincé de France et de Genève, le Duc tourne ses yeux vers l’Italie

1602          François de Sâles devient Evèque de Genève, mais son siège épiscopal est à Annecy.

1630          Peste en Savoie, en particulier à Chambéry en 1632.

1633          Le Duc de Savoie qui rêve d’être Roi, obtient le droit de porter le titre d’Altesse Royale.

1636          Régence de Christine de France. Révolte des Princes Thomas et Maurice. Guerre civile en Savoie

1640          Dernière récurrence de la peste en Savoie

1642          Fin de la guerre civile savoyarde.

1665          Canonisation de Saint François de Sâles.

 1690          Occupation Française par l’armée du Maréchal Catinat jusqu’à 1697

1696          1696 Edit portant création de l’Enregistrement au Tabellion de tous les actes notariés, pour augmenter les ressources fiscales et leur donner une preuve formelle pour le cas où ils auraient à être produits devant les Juges ou le Sénat

1703          Occupation française : siège de Chambéry.

1713/1714 Traités d’Utrecht et de Rastatt : le Duc de Savoie devient enfin Roi, mais, seulement de Sicile.

1718          La Savoie échange la Sicile contre la Sardaigne au Traité de Londres. Le Roi de Sicile devient Roi de Piémont-Sardaigne. Les Savoyards sont ses sujets sans, pour autant, devenir ni piémontais, ni sardes, ni, bien sûr, italiens !

1726          Recensement des hommes en Savoie prenant le nom de Consigne des mâles.

1728          Cadastration générale de la Savoie : établissement de la mappe et des tabelles.

1742          Occupation de la Savoie par les troupes espagnoles : établissement de la capitation espagnole, recensement effectué pour tenter de mieux répartir l’important tribut réclamé à la Savoie par les Espagnols qui ne quittent le pays qu’en 1749

1762          Abolition par le Rois Sarde de la taillabilité et du droit d’échute : « une nuit du 4 août savoyarde !»

1774          Transformation du Régiment Provincial du Chablais en Régiment Provincial de Savoie.

1779          Création du Diocèse de Chambéry en Savoie, démembré de celui de Grenoble en France.

1792          Les armées françaises républicaines du Général Montesquiou envahissent la Savoie

1792           Réunion de la Savoie à la France comme 84ème département français : Département du Mont Blanc.

1792           Les registres d’état-civil sont désormais tenus par les municipalités. Arrêt des insinuations au Tabellion.

1793          Arrestation des prêtres « insermentés » de Savoie. « Terreur » du représentant ALBITTE. Démolition de nombreux clochers. Certaines paroisses sont « rebaptisés » de noms révolutionnaires.

1794          Début de la vente des biens nationaux en Savoie. Fin de la Terreur.

1795          Traité de Paris : cession de la Savoie, de Nice et du Piémont à la France de Bonaparte. Le Roi se réfugie en Sardaigne

1798          Annexion de Genève à la France

1798          Création du Département du Léman englobant Genève.

1801          Concordat entre la France et le Pape : redéfinition des relations Etat-Eglise. Les Curés retrouvent officiellement leurs paroisses. Résistance à l’enrôlement dans l’armée.

1814          Les Autrichiens entrent dans Chambéry et occupent la Savoie pour le compte du Roi de Piémont-Sardaigne.

1814          1er Traité de Paris : la Savoie coupée en deux. Chambéry, notamment, reste française.

Les Armées Françaises sont chassées de Savoie. Celle-ci est restituée en totalité, y compris Chambéry, au Roi

de Piémont-Sardaigne.

1815          La tenue des registres paroissiaux est reprise par les Curés. Reprise des insinuations au Tabellion Sarde par les notaires.

1848          Recensement de la population savoyarde : 582.924 habitants, pauvreté et émigration.

1858          Nouveau recensement de la population savoyarde : 542.258 habitants.

1860          Premières élections législatives en Savoie. Fin du Tabellion Sarde.

1860          Plébiscite confirmant l’union à la France : 130.553 OUI et 235 NON.

La Savoie devient définitivement française. Ses lois sont désormais celles de la France

Sorties culturelles 2012-2018

2012

Les passages couverts, Paris le 14 avril 2012

Ces voies tracées au milieu d’immeubles, sont recouvertes de structures   protégeant   des   intempéries, souvent des verrières.

Ce sont des galeries commerciales, datant pour la plupart du début du XIXème siècle. La plus ancienne est le passage des Panoramas édifiée vers 1799 de 133 mètres. Elle abrite le théâtre des Variétés inauguré en 1807. On y trouve des commerces de bouches, des artisans d’art, des magasins pour collectionneurs de cartes postales, monnaies…….

Musée Archéologique, Guiry-en-Vexin, le 26 mai 2012

Installé depuis 1983 sur environ 1000 mètres2 en 11 salles, le          musée reçoit les quelques 35 000 objets trouvé dans des fouilles archéologiques en Val d’Oise. Il présente chronologiquement une collection permanente d’environ 3 000 objets, des monnaies, des bijoux, des poteries, des sculptures et des outils agricoles, datant du paléolithique au Moyen Âge.

Il conserve la plus importante collection de stèles mérovingiennes de France. Agrandi en 1992, le ministère de la Culture et de la Communication lui a attribué le label «musée de France».

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Musée de l’outil, Wy-dit-Joli-Village le 26 mai 2012

Le Musée de l’Outil offre une collection d’outils et d’ustensiles les plus variés, facile à appréhender grâce à l’application sur tablette mise à disposition. De la forge de Claude Pigeard à la collection d’outils et d’ustensiles les plus variés, en passant par les vestiges d’un balnéaire gallo-romain.

 

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Château de Chantilly, 9 juin 2012

Musée de la Grande Guerre, Meaux le 20 octobre 2012

Ce bâtiment inauguré le 11 novembre 2011, sur  7 000 m2 abrite plus de     50 000 objets et documents de la guerre 1914-1918, rassemblés pendant environ 50 ans par un historien passionné., Mr Jean-Pierre VERNEY.

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Musée des Lettres et Manuscrits, Paris le 8 décembre 2012

 

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2013

6 siècles d’Art du Livre, Paris 6eme le 19 janvier 2013

 

Archives Départementales du Val d’Oise, Cergy le 31 janvier 2013

 

Saint-Leu la Foret, le 13 avril 2013

Château d’Anet, le 16 mai 2013

Il n’est pas un palais royal, ni un relais de chasse ou un logis occasionnel.

Construit au XVIème, il est l’oeuvre de Philibert de l’Orme, style nouveau, loin du gothique, basé sur des  données  antiques.  Cette  demeure a la réserve, l’intimité, de la féminité. Sa décoration porte la marque de Diane de Poitiers pour laquelle il était destiné. Il restera entre des mains féminines, c’est la seconde fille de  Diane, Louise de Brézé, qui hérite de la seigneurie d’Anet.

 

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Manufacture-musée du peigne, Ezy-sur-Eure le 16 mai 2013

Ce musée nous présente un patrimoine préindustriel, témoignage du   travail d’hommes et  e femmes du  XIXème siècle qui firent vivre leur village et tout la région. Dès le XVIIème siècle, l’hiver, les paysans d’Ezy fabriquaient des peignes en bois et en tiraient un complément de ressources. D’abord en  alisier et en buis puis en corne de boeuf et en sabot de cheval

Le Mont-Valérien, le 16 novembre 2013

 

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2014

Les salons de l’Hôtel de Ville de Paris,

le 14 décembre 2013 et 18 avril 2014

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Les Archives nationales, Pierrefitte, le 27 janvier 2014

Dans la répartition des différents site du CARAN, le site de Pierrefitte a en charge:

– Les Archives d’origine privée

– Les Archives publiques postérieures à la Révolution française

– Les Archives des chefs de l’Etat, des assemblées, des organismes   de temps de guerre, archives des ministères et établissements en  charge de la Justice, de l’Intérieur, de l’Instruction Publique, de  la Culture, de la Santé, des Affaires sociales.

 

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La Comédie Française, le  29 mars 2014 et 11 décembre 2014

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Vieille ville de Rouen et Archives, le 9 avril 2014

Belle promenade dans les ruelles pavées parmi ses maisons moyenâgeuses, la cathédrale peinte par les impressionnistes, le Gros Horloge, le palais de justice, la place Jeanne d’Arc, l’église  moderne et le musée des beaux-arts Ce bâtiment abrite depuis 2012 les archives anciennes, révolutionnaires et modernes (jusqu’en 1940), minutes de notaire, archives iconographiques et privées, ainsi que la bibliothèque historique.

Archives départementales de la Seine-Maritime à Rouen

 

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Les 30 ans des Archives départementales du Val d’Oise

A l’occasion des 30 ans de la construction du bâtiment qui abrite les Archives de notre département, nous avons été invités à venir assister à une présentation sur les activités de celles-ci et à participer à des échanges avec les personnels de cet établissement.

 

2015

Les Archives diplomatiques, La Courneuve le 31 janvier 2015

C’est un centre ouvert au public et aux chercheurs qui regroupe un fonds d’archives de 70 km linéaires d’une richesse exceptionnelle jusqu’alors réparti sur onze  sites. Il offre aux chercheurs une qualité de service et des conditions d’accueil améliorées par rapport au Quai d’Orsay.

 

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Le Panthéon « maison de tous les Dieux »  Le 15 avril 2015

Construite suivant les plans de Soufflot c’est une église à dôme en forme de croix grecque. Le 6 septembre 1764 Louis XV vint poser la première pierre et à la suite d’un vœu la dédia à Sainte-Geneviève.

L’achèvement des travaux eut lieu en 1790. Au gré de l’histoire, les pouvoirs en place, du Premier Empire au début de la 4ème République, l’utilisent pour leur conception de l’état. Durant        la période révolutionnaire, le fronton  est modifié pour recevoir des motifs et l’inscription: «Aux grands hommes la Patrie reconnaissante».

La crypte accueille actuellement 73 personnalités.

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L’église Saint-Etienne-du-Mont, le 15 avril 2015

Elle tire son origine de l’abbaye de Sainte-Geneviève où la Sainte        fut inhumée au VIe siècle. En 1222, le pape Honorius III autorise          la  construction  d’une  église  consacrée  à Saint-Etienne saint patron de la cathédrale Saint-Etienne de Paris qui se trouvait à l’emplacement de Notre-Dame.

Elle renferme la châsse qui contenait les reliques de Sainte-Geneviève jusqu’en 1793 (date à laquelle elles furent jetées aux égouts). Elle abrite les tombeaux de Blaise Pascal, de Racine, de Charles Perrault. Parmi toutes les oeuvres d’art, on peut y voir la « mise au tombeau » datant du XVIe siècle ainsi que de très beaux vitraux du XVIIe siècle.

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Musée de la Franc-maçonnerie, Le Grand Orient de France,

le 12 octobre 2015

Origines, légendes, symboles,  initiations des secrets, la franc-maçonnerie puise ses sources dans différentes légendes. Origines bibliques, templière, égyptienne ou compagnonnage médiéval.

 

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Les Francs-maçons au Père Lachaise, le 12 octobre 2015

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2016

La Sorbonne, le 16 mars 2016

Nous avons eu le plaisir de faire cette visite avec, pour guide, le régisseur de la Chancellerie. La Sorbonne n’a plus aucun secret pour lui. Voila plus de trente ans qu’il parcoure ce palais et il a agrémenté notre visite de nombreuses anecdotes sur la construction et la vie de la Sorbonne.

 

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Une journée à Montmartre, le 14 mai 2016

Il existe au moins trois possibilités pour expliquer cette appellation  «Montmartre». L’une d’elles serait liée à l’évêque Saint-Denis qui fût décapité et marcha pendant 6 000 pas avant de s’écrouler; il était arrivé sur le lieu où a été édifiée la Basilique Cathédrale de Saint-Denis. Notre guide nous fait découvrir des lieux ignorés et plein du charme du Montmartre ancien sur les traces de célébrités dans des rues chargées de souvenirs.

 

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Les passages parisiens, le 3 décembre 2016

 

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2017

Château de Vincennes, le 25 mars 2017

Avec un donjon culminant à 52 mètres, ce château construit au XIVème et XVème siècle pour être demeure royale était entouré d’une vaste foret. Une Sainte Chapelle y fut adjointe.

Il devint ensuite prison d’état puis arsenal en 1796. L’aile du Roi et l’aile de la Reine-Mère datent du milieu du XVIIème siècle.

 Dans ces deux ailes appelées «pavillons», le Service Historique de la Défense a installé ses services.

Le château est classé monument historique depuis 1999.

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Opéra Palais Garnier, le 18 novembre 2017

Conçu par Charles Garnier, la construction fut décidée par Napoléon III. Interrompue par la guerre de 1870, elle fut reprise en 1873. Le 5 janvier 1889, le bâtiment fut inauguré par Mac Mahon.

Depuis le 16 octobre 1926, il est classé « Monument historique ». Principales caractéristiques: 11 000m2 de surface, 1 156 places.

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