Guillaume MEHEUST , un potier en pays Gallo

L’un des premiers potiers connu, Guillaume MEHEUST (12ème génération) est né vers 1567 à La Poterie, époux de Jeanne HAMON, née à La Poterie. Il était le grand-père d’Hélène MEHEUST, épouse de Ollivier HAMON des Croix, maître potier et statuère. (orthographe ancienne)

En 1607, après avoir combattu durant 16 ans, depuis 1591, à la défense de Lamballe puis dans les armées du roy, il désire revoir les siens, son village et reprendre son métier de potier. Il trouve son père âgé de 90 ans. Celui-ci très affaibli est alité. En voyant entrer son fils qu’il n’a pas vue depuis son départ aux armées, il décède d’émotion. Guillaume fait la connaissance de l’épouse de son père, Jeanne HAMON qui deviendra plus tard sa femme. Mais dans l’immédiat il doit organiser l’enterrement. A cette époque les baptêmes, mariages et sépultures sont célébrés à Maroué. Il constate que quatre autres habitants sont décédés et ne peuvent pas être enterrés et aussi que plusieurs nouveaux nés ne sont pas baptisés car les fortes pluies ayant transformé en torrent le cours d’eau « le Gouessant » le gué, habituel passage entre La Poterie et Maroué est infranchissable.

Aux armées, il avait commandé une batterie de 4 canons. Avec son   expérience des situations difficiles, il organise avec l’aide de son ami, Guillaume Du Bouilly, le passage des corps. Il passe commande de deux cordes de cabestan de 320 toises, puis chez les maîtres charpentiers GOUÉZO, il présente un croquis d’une charrette aménagée en radeau avec des barriques dessous. Le surlendemain tout étant prêt, on se  dirige vers le gué du moulin.

Ayant noué les cordes au tronc d’un chêne et à la selle d’un cheval, il lance celui-ci au galop qui bondi dans les eaux tumultueuses. Puis ayant fait un système de coulisse avec une deuxième corde qui doit servir à guider le radeau, il retraverse à cheval le cours d’eau. Il y eut quelques moments difficiles pour la traversé du radeau sur les trente mètres de large du cours d’eau. Ils furent à l’heure convenue pour la cérémonie de sépulture.

Vers 1610, avec les dispenses nécessaires, il épouse Jeanne HAMON, sa belle-mère. Ils ont quatre enfants dont Pierre (11ème génération).

Guillaume meurt à la Poterie le 26 novembre 1627 à 60 ans.

Toise ; mesure de longueur valant 1.949 mètres

Ce texte est un résumé extrait de l’article du livre de Louis BAUDET, ancien maire de La     Poterie, « La Poterie – Une Commune en pays Gallo »

 

La Poterie est un village situé prés de Lamballe, dans le département des   Côtes d’Armor.

Ce village était une trève de la paroisse de Maroué et devint la paroisse Saint-Yves de la Poterie.

Dés le XIème siècle, on y trouve des potiers, potiers statuaires, briquetiers et tuiliers. Selon un décompte, en 1400, il y avait 28 ateliers de potiers. En 1855: 60. En 1900, il reste 7 fours, le dernier s’éteint vers 1920.

Les poteries étaient cuites à plus de 900°. Elles étaient vendues tous les jeudis sur le marché de Lamballe, à la foire de la Montbran.

Les potiers habitaient dans des maisons appelées « hoté »

Caves : trou où est l’argile était prélevé

Hôté : habitation de potier

Reü : Tour de potier constitué d’une roue de la taille des roue de   charrette.

Teules :  planchettes de bois

La Poterie - Un four à pots

Le sous-sol des landes est composé d’une roche particulière : le gabbro de Trégomar. En s’altérant, cette roche produit une argile basique, alors que la quasi-totalité des sols bretons sont acides (granit, schiste). L’argile étant de très bonne qualité, les potiers ont creusé d’innombrables cavités, qui forment aujourd’hui une mosaïque de mares à    géométrie variable.

 

La vente des pots au marché de Lamballe

Sources:

La Poterie Hier et Autrefois – Marcel HAMON

La Poterie – Une commune en pays Gallo – Louis BAUDET

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