Le fondateur de Montréal Paul de Chomedey

Pourquoi Paul de Chomedey ?

Lors de mes recherches généalogiques, j’ai découvert un ancêtre nommé Paul Janson (1570-1640), lieutenant au baillage de Villemaur(Aube), qui fut parrain de Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676), le fondateur de Montréal.

Ils étaient tous deux originaires de la même région de Champagne. J’ai été ainsi conduite à étudier l’histoire de l’ile de Montréal, souvent mal connue, et le rôle de Paul de Chomedey dans la fondation de la ville Montréal.

Il faut d’abord situer Montréal au sein de l’empire colonial du « Nouveau Monde»appelé « Nouvelle France », une vice-royauté du Royaume de France de 1584 à 1763 qui regroupa la totalité des territoires conquis en Amérique .

LA  NOUVELLE France

        La Nouvelle-France est le nom des colonies françaises d’Amérique du Nord. Les premières tentatives de colonisation débutèrent avec les voyages de Jacques Cartier, de 1634 et 1635, notamment à Montréal, où il trouva un territoire habité par le peuple des Iroquois  peu nombreux.

Terre amérindienne à l’origine, la Nouvelle-France fut progressivement occupée de 1604 à 1760. Le 3 juillet 1603 Samuel de Champlain fonda la ville de Québec, la capitale de la Nouvelle-France durant plus d’un siècle et demi. En 1642, Paul de  Chomedey fonda sur l’ile de Montréal, Ville-Marie future métropole qui prendra le nom de l’ile au 18ème siècle.

La Nouvelle-France devint colonie de peuplement lorsqu’en 1663 le gouvernement royal remplaça les congrégations religieuses dans l’administration des territoires et encouragea l’émigration vers l’Amérique.

Au début du 18ème siècle, la Nouvelle-France s’étendait sur 1/3 du continent nord-américain, de Québec à la Louisiane (qui couvrait le bassin du Mississippi jusqu’au golfe du Mexique), des forêts glacées du Canada, en passant par les prairies du Midwest, à l’Acadie (actuellement territoires du Nouveau-Brunswick et de Nouvelle-Ecosse), de Terre-Neuve  à la vallée du St-Laurent et ses iles dont Montréal que Paul de Chomedey mit en valeur.

Un empire dont la clé de voûte fut l’alliance avec les Indiens qui facilita l’implantation des Français dans des territoires inconnus et le commerce des fourrures permettant ainsi  aux deux communautés de s’enrichir.

Les Anglais, souvent alliés aux Iroquois furent à l’origine de nombreux conflits. Leur désir de conquête s’expliquait par leur situation géographique défavorable, confinés qu’ils étaient sur le littoral atlantique. La dernière bataille dite des « plaines d’Abraham » eut lieu à Québec, le 13 septembre 1759,  durant la guerre de Sept Ans . L’armée anglaise remporta la victoire mettant fin au régime français au Canada.

  L’histoire de la Nouvelle-France est complexe, agitée ; elle fut occultée par notre mémoire. Elle a laissé, néanmoins, des traces en Amérique. Les toponymes en témoignent : New-Orléans, Bâton rouge (capitale de la Louisiane), St Louis, Montréal etc…De nombreuses villes ont été fondées par des Français, Montréal par exemple qui est le sujet de cette présentation.

Des millions d’Américains et de Canadiens portent des noms d’origine française. Au Québec, la langue officielle est le français ; 85% de la population est francophone ; La langue française y est défendue avec ferveur.

La Création de Montréal

 

 Montréal tire son nom, donné par Jacques CARTIER, du « mont Royal », montagne du centre de l’île. La ville principale, à l’origine « Ville-Marie »,  prendra le nom de Montréal au XVIII° siècle : elle deviendra la capitale du sud Québec.

Lorsque  Jacques CARTIER débarque sur l’île le 2 octobre 1535, il est bien accueilli par les Iroquois. Les Français ne peuvent alors s’installer que sur les territoires  de leurs alliés, et avec leur  accord, afin d’éviter tout risque de conflit.

Paul de CHOMEDEY est le fondateur de la ville de Montréal et son premier gouverneur au nom du Royaume de France. Descendant d’une famille noble champenoise, il commence  sa carrière dans l’armée en Hollande et combat dans les guerres européennes. Il souhaite ensuite participer à l’évangélisation de la Nouvelle-France. Il rencontre en France le fondateur de la « Société Notre-Dame de Montréal » qui le recrute pour prendre possession de la concession qui lui avait été accordée – ainsi qu’il était d’usage – pour administrer le territoire occupé. Paul de Chomedey quitte La Rochelle le 6 mai 1641 avec vingt-cinq  hommes dans un navire et douze dans un autre, dans lequel se trouve Jeanne MANCE, infirmière laïque qui créera le premier hôpital du Nouveau-Monde. Après un voyage agité à cause des tempêtes, il arrive à TADOUSSAC, en bordure du Saint-Laurent, en 1641.

Paul de CHOMEDEY fonde « Ville-Marie » le 17 mai 1642 sur une terre que les Iroquois ont longtemps habitée. L’année suivante, il travaille à la construction des fortifications et de différents édifices. Le village s’agrandit et devient un important centre de traite des fourrures, grâce à l’alliance avec les Amérindiens. Au printemps 1651, les attaques des Iroquois voisins oblige Paul de CHOMEDEY à demander un renfort militaire à Louis XIV. À l’automne 1651, la population est si réduite qu’il doit retourner en France pour recruter des volontaires. Deux ans plus tard, il revient à Montréal avec cent personnes dont Marguerite BOURGEOYS. Cette dernière met en place l’enseignement pour les jeunes Amérindiennes et les « Filles du Roi » lesquelles sont destinées à former des couples avec les colons célibataires qui peupleront la colonie.

En septembre 1655, Paul de  CHOMEDEY reçoit l’ordre de revenir en France. Après vingt-quatre ans de présence dans la colonie, resté célibataire,  il s’installe à Paris où il meurt dans l’anonymat le 9 septembre 1676. Pour les montréalais, il demeure le père de leur patrie. Sa statue a été érigée sur la « Place d’Armes », face à la cathédrale.

Timbre commémoratif de 1972 de Paul de Chomedey