Mon père ce héros

Maurice Boisaubert alias « Bibi » son nom de maquis.

Mon père, Maurice BOISAUBERT (1913 -1985) a participé au maquis du Morvan, proche de Moulins-Engilbert.

Ce maquis avait comme base un bâtiment agricole situé dans la fôret de Corcelles à Montaron. Il comptait 21 hommes dont une interprète et un docteur.

A la suite d’une dénonciation d’un milicien infiltré, le maquis a été attaqué par un grand nombre de soldats SS allemands le 10 juillet 1944 à  5 heures 40.

Cette attaque a fait 21 morts parmi les maquisards et 5 civils qui ont été fusillés, ainsi que deux prisonniers allemands détenus par le maquis.

Les bâtiments ont été incendiés. Seuls deux maquisards, dont Maurice ont réussi à s’en sortir.

En effet, bien que ne sachant pas nager les deux n’ont pas hésité à se jeter dans un petit cours d’eau proche du bâtiment.

Ils ont été emportés par le courant hors du lieu des combats.

Maurice est le deuxième en partant de la gauche. Ici ils sont camouflés en ouvriers, producteurs de charbon de bois.

La résistance en Morvan

Affiche

Chronologie :

Juillet 1940 : Résistance passive, premiers manifestes lancés par les membres du parti communiste français.

Novembre 1940 : Début de la résistance organisée, groupes de propagande antinazie, éditions clandestines de tracts, journaux et affiches.

Avril 1941 : Début de la lutte armée, actions des groupes de sabotage.

Août 1941 : Les employés des administrations créent leur comité du Front National d’aide aux réfractaires FN.

Janvier 1942 : Les maquis s’organisent, la lutte s’étend à tout le territoire, la population commence à participer.

Les principaux maquis du Morvan

Camp de maquisards

Au début de 1942, le colonel ROCHE sous le nom de colonel DERENNE a été nommé chef militaire du mouvement de résistance « LIBE-NORD ». Il avait constitué des groupes de résistance dans presque tous les chefs lieux de canton du département et dans toutes les plus grosses communes.

 

– Camille Verneuil : Ce maquis commandé par le lieutenant VERNEUIL couvrait la zone de Avallon, Lormes, Quarré les tombes, Queuzon, Chalaux, Marigny et Vermot.

 

– Chaumard Joseph Serge : Ce maquis commandé par le Capitaine BERNARD couvrait la zone des bois de Montsauge.

 

– Socrate : Ce maquis couvrait la zone de Montsauche, La Celle en Morvan, Anost, Fretoy et Bussy.

 

– Louis Pietro : Ce maquis commandé par le Capitaine LOUIS couvrait la zone de Autun, Château Chinon, Arleuf, La Selle et Châtillon en Bazois.

 

– Le Maquis de FOURS – MONTARON :

Le maquis de Fours – Montaron était constitué de FFI, Forces Françaises de l’Intérieure. Son effectif variait de 12 à 20 hommes. Il se situait dans la forêt de Montaron. D’après Marcel Thirault, mon oncle, Le maquis de Montaron était commandé par Gaston BLIN, assisté du lieutenant LACHARME.

Région de Montaron
Corcelles base du maquis
Capitaine Louis responsable du maquis

Les principales opérations du Maquis de Fours-Montaron

Parachutage
Container d’armes

Mai 1944 : A chèvres (commune de Vandenesse) parachutage annoncé par Londres. L’opération dure six heures, 12 hommes y participent. Récupération d’une tonne d’armes.

 

Mai 1944 : A La Boue (commune de Remilly) parachutage annoncé par Londres. 10 hommes y participent, malgré trois tentatives l’avion n’a pu localiser le terrain. L’opération échoue. Le parachutage avait pourtant bien été annoncé deux fois.

 

Juin 1944 : Au dépôt SNCF de Cercy la Tour, sabotage du château d’eau. Cette opération a nécessité deux jours de préparation, elle a durée trois heures, 10 hommes y participent. Plusieurs trains ont été supprimés, privés de ravitaillement en eau.

 

Juin 1944 : Aux PTT de Luzy, sabotage du central téléphonique. Cette opération a nécessité une journée de préparation, elle a durée quatre heures, 12 hommes y participent. Toute la région a été privée de téléphone plusieurs jours.

 

PV de gendarmerie relatant les faits : « Le 23 juin vers 19h15 une vingtaine d’individus armés de mitraillettes et pistolets se sont présentés au bureau de poste et ont sommé le receveur de leur remettre sa caisse qui contenait environ 50 000 francs. Pendant ce temps, d’autres individus restés dehors ont fait sauter les câbles d’entrée à la poste à l’aide de pétards. La détonation a cassé 32 carreaux des fenêtres de l’immeuble, il n’y a pas d’accident de personne. Tous ces individus sont ensuite partis dans un camion sur la route nationale 485 ».

 

Juin 1944 : A la gare de Remilly sabotage de la voie ferrée. Cette opération a nécessité trois jours de préparation, elle a durée deux heures, 12 hommes y participent. La ligne Nevers Chagny est coupée deux jours.

 

PV de gendarmerie relatant les faits : « Le 23 juin vers 21h30, les individus qui avaient soustrait la caisse de la poste de Luzy ont pénétré à la gare de Remilly et ont causé divers dégâts aux voies, installations ferroviaires et lignes téléphoniques. Ils ont notamment brisé l’installation téléphonique et le poste de bloc, mis hors d’usage la prise d’eau (Ce sabotage a été commis à l’aide d’une masse de fer), des rails ont été endommagés notamment le rail d’aiguillage de la voie 2 au kilomètre 69-170. Enfin les fils téléphoniques de l’hôtel situé à proximité de la gare ont été également sectionnés. Ces différents sabotages terminés, ces individus se sont fait remettre la caisse de la gare soit 775 francs contre reçu, puis sont partis en direction du bourg de Remilly en camion. La circulation n’a été interrompue sur la voie 1, mais a été suspendue jusqu’au début de l’après midi sur la voie 2. »

 

Juin 1944 : Au pont 0,20 entre Fours et Remilly dynamitage du pont SNCF. Cette opération a nécessité une journée de préparation, elle a durée deux heures, 6 hommes y participent. La ligne Nevers Chagny est coupée deux jours.

 

PV de gendarmerie relatant les faits : « Le 22 juin à 6h30 un acte de sabotage a été commis sur la voie ferrée Nevers-Chagny au kilomètre 63-100 au lieu dit « « Laboue ». Le rail a été coupé sur une longueur de 1,23 mètre, des explosifs ayant été déposés sur le rail de passage du train de marchandise venant de Chagny se dirigeant vers Nevers en a provoqué l’explosion. Il n’y a eu ni dégât matériel, ni victime. »

Juin 1944 : A Saint Hilaire, route de Digoin, embuscade. Cette opération a nécessité une demi-journée de préparation, elle a durée deux heures, 5 hommes y participent. Les résultats de cette opération ne sont pas connus, un maquisard est fait prisonnier, un autre est blessé.

Juin 1944 : Sur la route de Fours à Cercy la Tour, embuscade. Cette opération a nécessité une demi-journée de préparation, elle a durée deux heures, 8 hommes y participent. Un camion de charbon est détruit, un soldat allemand est fait prisonnier.

 

PV de gendarmerie relatant les faits : « Le 21 juin vers 22h30, 10 individus armés de mitraillettes ont fait irruption dans le bureau de M. HAESAERTS, carbonisateur où se trouvait un cheminot allemand qui accompagnait le conducteur d’un camion venant prendre un chargement de charbon de bois. Le soldat allemand a été désarmé et emmené dans une voiture traction avant de couleur foncée, le conducteur a du prendre place dans le camion qu’il pilotait. Les deux automobiles sont parties par la route 30 en direction de Vandenesse. Au cours de ces opérations, les fils de la cabine téléphonique de Fours ont été sectionnés, ainsi que ceux de l’hôtel THIBIER par deux individus dont il a été donné un signalement assez précis

 

Autres faits relatés par des P.V. de gendarmerie, concernant les approvisionnements en vivres du maquis.

 

PV de gendarmerie relatant les faits : « Fours le 18 juin à 20h30 une quinzaine d’individus armés de mitraillettes, fusils et pistolets circulant dans une camionnette et une voiture de tourisme se sont rendus au débit de tabacs LABOUSSIERE où ils ont réclamé au nom de la « Résistance Française » 100 paquets de cigarettes qu’ils ont payés »

 

« Fours le 18 juin vers 10h, 3 individus armés de mitraillettes ont pris à l’épicerie PERRIN 79 douzaines d’œufs destinées à la réquisition. Ils ont versés 1876 francs et ont invité M. Perrin à ne pas porter plainte avant un délai d’une heure. Ils sont partis en direction de Luzy. »

L’attaque

Le 10 Juillet 1944 : A Courcelles (commune de Montaron) attaque du maquis par les Allemands. Selon Maurice Boisaubert, 21 maquisards étaient cantonnés dans une ferme. Ils ont été attaqués par des allemands à la suite d’une dénonciation. Les Allemands ont attaqué dissimulés dans des ambulances de la croix rouge, avec des auto mitrailleuses et de nombreux hommes très armés. La surprise fut totale. Les combats ont duré la journée. Tous les maquisards présents ont été tués et environ une vingtaine d’allemands. Seuls Maurice, dit Bibi et Dorange qui bien que ne sachant pas nager se sont jetés dans une rivière proche s’en sont sortis vivants.

 

Nevers le 10 juillet 1944 à 15h15. Communication téléphonique de la gendarmerie de Château-Chinon au Préfet. « Rencontre entre troupes d’occupation et Résistance région de Montaron. Le hameau de Corcelles brûlerait. »

 

Nevers le 10 juillet 1944 à 17h50. Communication téléphonique de la gendarmerie de Château-Chinon au Préfet. «  La brigade de Château-Chinon communique : Hameau de Chevannes, commune de Montaron, complètement brûlé. Une écurie à Corcelles, commune de Montaron détruite (PC de maquisards) Ferme BONNET (fermier GIRARD) à subi de gros dégâts. Maison forestière des loges très endommagés. 14 tués parmi la Résistance. »

 

Nevers le 13 juillet 1944, 11h00 communication téléphonique de la Sous Préfecture de Château-Chinon au Préfet. « Le docteur FANJOUX de Cercy la tour a été arrêté par les autorités allemandes qui ont fait sauter sa maison. 10 personnes ont été arrêtées par les autorités allemandes à Montambert –Tannay. 3 nouveaux cadavres ont été retrouvés à Montaron ce qui porte le chiffre des victimes à 24. D’autres arrestations ont été opérées dans cette région dont le détail n’est pas encore connu. »

 

Montaron le 31 juillet 1944, lettre du Maire de Montaron au Préfet de la Nièvre. «  En réponse à votre lettre du 25 juillet 1944, j’ai l’honneur de vous faire connaître qu’à la suite de l’engagement qui à eu lieu entre les troupes d’occupation et la Résistance, 19 cadavres ont été relevés, dont 17 résistants, 1 femme (interprète), 1 civil de la commune. Signé le Maire. »

Médaille de la résistance de la Nièvre

Copie du Procès verbal de Gendarmerie de l’attaque du maquis de Fours-Montaron

Copie du procès verbal de la 8° légion, compagnie de la Nièvre, section Château Chinon, brigade de Moulins-Engilbert, brigade 195 du 10 juillet 1944, constatant la mort violente de 18 personnes provoquée par arme à feu sur la commune de Montaron Nièvre.

 

Ce jourd’hui dix juillet mil neuf cent quarante quatre à 15 heures 30 nous soussignés GARNIER Eugène Adjudant, ROUQUETTE Marcel, LUSSAN Marcel, gendarmes à Moulins-Engilbert, département de la Nièvre, revêtus de notre uniforme et conformément aux ordres de nos chefs, rapportons ce qui suit :

 

Le 10 juillet 1944, nous avons été avisés par Monsieur DENIS, Maire de Moulins-Engilbert, qu’un engagement avait eu lieu entre les troupes d’occupation et des éléments de la résistance, sur la commune de Montaron Nièvre

Au reçu de ces renseignements, nous sommes rendus sur les lieux où à notre arrivée l’engagement durait toujours. Nous avons recueilli des renseignements et avons appris que des membres de la résistance étaient cantonnés à Corcelles, commune de Montaron, et qu’ils avaient été surpris à 6 heures du matin par les troupes d’occupation. Une fusillade nourrie s’est engagée, fusillade qui a duré une grande partie de la journée, dans laquelle plusieurs éléments de la résistance ont été tués.

 

Après l’engagement, effectuant une enquête aux fins de rechercher les cadavres, nous découvrons :

 

Un cadavre sur le chemin VO de Corcelle à chavannes, devant la grange appartement à monsieur ADAM, grange inhabitée qui servait d’asile au groupe de résistance. Ce cadavre est inconnu de nous et des autorités locales. Dans la grange un autre cadavre à demi brûlé d’un homme paraissant âgé d’une quarantaine d’années, également inconnu.

 

Poursuivant nos recherches, nous trouvons au milieu d’un pré et à 150 mètres de la grange un autre cadavre.

 

Dans un autre pré, situé en en bordure du ruisseau de Pousserv ‘‘ nous découvrons 12 cadavres dont 10 en bordure d’une haie et de deux autres en bordure de la même haie dans un champ de blé. Parmi ces 12 cadavres, nous voyons le corps d’une jeune fille d’environ 18 ans, c’est le corps de mademoiselle PAGE de Cercy la Tour qui a été reconnue par son père.

 

Nos recherches poursuivies plus avant sont restées vaines.

 

Nous avons aussitôt avis les autorités locales ainsi que notre Commandant de Section. Les corps des victimes ont été amenés à la mairie de Montaron où ils ont été déposés dans la salle d’école.

 

Aucun cadavre, à part celui de la jeune fille n’a été reconnu de la population ni des autorités locales.

 

Vu l’heure tardive, nos recherches n’ont pu être poussées plus avant.

 

Le 11 juillet 1944, poursuivant nos recherches, nous découvrons au lien dit : « Saint Firmin » situé à 4 kilomètres de Corcelles, trois nouveaux cadavres, dans une mare asséchée. De ces trois nouveaux morts, deux sont inconnus, le troisième est celui de Monsieur le docteur BENOIT, de Paris, qui était en vacances à Corcelles. Ces trois cadavres ont été amenés à la mairie.

 

Tous ces hommes sont morts par arme à feu.

 

L’inhumation, à part celle du docteur BENOIT, de la jeune fille et de deux autres cadavres à eu lieu au cimetière de Montaron le 11 juillet à 16 heures. Une plaque en zinc portant un numéro d’ordre a été mise au cou de chaque cadavre en prévision de réclamations ultérieures par les familles.

 

A noter que tous ces cadavres avaient les poches retournées.

Avant leur inhumation, nous avons photographié ces cadavres avec un numéro d’ordre correspondant à celui attaché au cou de chacun à seule fin que les familles puissent le cas échéant reconnaître leur mort.

 

La jeune fille morte a été amenée à Cercy la Tour par son père avec l’autorisation de la Feldgendarmerie.

 

Son identité est la suivante : PAGE Marcelle, née le 28 avril 1926 à DIOU (Allier), de Jean et de Larmor Marie, interprète à la Feldkommandantur de Nevers, résidant à Cercy la Tour. (Photographie 14)

 

Deux autres cadavres ont été reconnus et amenés à Four et Montambert avec l’autorisation de la Feldgendarmerie, ce sont :

milicien infiltré

1°- DOISNE, jean, né le 22 novembre 1925 à Guérigny (Nièvre) de Robert et de Mounoir Jeanne, étudiant, résidant à Montambert (Nièvre). (photographie n° 13)

 

2° – VOYOT Antoine, né le 28 février 1924 à Fours (Nièvre), fils naturel de Voyot léontine, demeurant à Fours. (photographie n° 4)

 

3° – Identité du docteur BENOIT Marcel, Maurice, 42 ans, né le 18 mai 1902 à Paris 5°, de Paul et de Villemaire Jeanne, Marie docteur en médecine à Paris 72 rue Claude Bernard (5°), en vacances à Corcelles, commune de Montaron.

 

Nous constatons que les propriétés suivantes ont été détruites, savoir :

 

1° – Bâtiment d’exploitation de la ferme ADAM à Corcelles, commune de Montaron.

 

2° Ferme de Chevannes, gérée par Monsieur MONEILLIAS entièrement détruite.

 

3° – Ferme de Saint-Firmin, propriétaire Monsieur BORNET à Vandenesse, gérée par Monsieur GIRARD, entièrement détruite.

milicien infiltré

4° – Maison particulière des loges, occupée par Monsieur GAGNAND, appartenant à Monsieur LABOUE Marc, entièrement détruite.

 

5° – Maison forestière de BURMONT, propriété de l’Etat, entièrement détruite.

 

6° – Maison forestière du bois Prieur, propriété de l’Etat, entièrement détruite.

 

Signalement sommaire des autres victimes non identifiées :

 

1° – Taille 1m80, cheveux châtains, 22 à 25 ans, vêtu culotte velours, chemise bleue, bottes caoutchouc jaunes, ayant été reconnu par la suite comme étant RIOULT Henri de Montambert.

 

2° – Taille 1m85, 25 ans environ, cheveux châtains, chemise kaki, pantalon gris, ayant été reconnu par la suite comme étant LACHARME Bernard de Cercy la Tour.

 

3° – Taille 1m80, 20 ans environ, cheveux châtains, teint mat, complet marron, ayant été reconnu par la suite comme étant le surnommé Auguste.

 

4° – VOYOT Antoine, emmené à Fours. (reconnu)

 

5° – Taille 1m65, 25 ans environ, cheveux châtains, culotte velours, paletot gris, souliers bas noirs, chaussettes noires, ayant été reconnu par la suite comme étant LEREFAY, de Maux (Nièvre).

 

6° – Taille 1m85, 22 ans environ, cheveux châtains foncés, bras en écharpe, chemise kaki, culotte kaki, souliers « sans gêne », ayant été reconnu par la suite comme étant CHARTEUX de Nevers (Nièvre).

 

7° – 1m60, 17 ans environ, teint mat, type étranger, cheveux châtains, coupés ras, vêtu veste bleu marine, pantalon noir, souliers bas en toile.

 

8° – Taille 1m62, 18 ans environ, vêtu paletot gris laine, culotte bleu marine, bandes molletières, souliers bas mauvais état, ayant été reconnu par la suite comme étant DUC de Montambert (Nièvre).

 

9° – 1m60, 16 ans environ, cheveux châtains, teint pâle, chemise bleu clair, culotte à rayures, chaussures brodequins, ayant été reconnu par la suite comme étant le surnommé SAUVERCE.

 

10° – 1m70, 32 ans environ, cheveux bruns, nez rectiligne, blouson cuir, culotte bleue travail, leggins, chaussé de brodequins, ayant été reconnu par la suite comme étant ROUX de Cercy la Tour.

 

11° – 1m75, 18 ans environ, cheveux bruns frisés, veston drap noir, culotte grise, bottes fauve, teint pâle, ayant été reconnu par la suite comme étant MOMY, réfugié de Calais, demeurant à Culay (Nièvre).

 

12° – 1m60, 17 ans environ, cheveux bruns, dentition irrégulière, veste bleue, culotte marron à rayures, visage allongé, ayant été reconnu par la suite comme étant GRAMBERT de Nevers (Nièvre).

 

13° – DOISNE Jean, emmené à t. (reconnu)

 

14° – PAGE Marcelle, emmené à Cercy la Tour. (reconnue)

 

15° – Taille 1m85, 50 ans environ, cheveux châtains, chemise grise, culotte grise, barbe noire, chaussé de brodequins, alliance à l’annulaire gauche, ayant été reconnu par la suite comme étant LACHARME demeurant à Cercy la Tour (Nièvre).

 

16° – 1m70, 20 ans environ, cheveux châtains clair, dentition irrégulière, pull over rouge, culotte mauvais état.

 

17° – Taille 1m68, 18 ans environ, cheveux châtains clair, bourgeron bleu, culotte noire, chemise à rayures, ayant été reconnu par la suite comme étant LACHARME Guy demeurant à Cercy la Tour (Nièvre).

 

Nos recherches se poursuivent et toute nouvelle découvertes fera l’objet d’un procès verbal ultérieur.

 

Deux expéditions : la première avec photo de chaque cadavre à Monsieur le Procureur de la République à Nevers, le deuxième à nos chefs.

 

Fait et clos à Moulins Engilbert le 12 juillet 1944.

Témoignages

Extraits du livre Les Villages-Martyrs de Bourgogne – 1944- de Marcel VIGREUX et Angélique MARIE édité par l’A.R.O.R.M., 1994.

 

L’affaire de Montaron, le 10 juillet [1944] est également typique et tout aussi violente : une attaque massive contre le maquis F.F.I. du secteur, installé à la ferme de Corcelles depuis la veille, déclenche une horrible tuerie et des incendies de bâtiments agricoles au cours du combat.

 

L’opération menée depuis Decize par le major Rosenbrück a été des plus dures : les maquisards sont torturés, mutilés, brûlés ; plusieurs d’entre eux, seulement blessés, sont achevés après la bataille. Les fermes de Corcelles, Chevannes et Saint-Firmin, où avaient été installés les Résistants, sont détruites. Cinq civils sont fusillés. Ici, le martyre du village a lieu pendant les opérations militaires contre le maquis.

 

 

Témoignage sur Montaron : Mme Marie BENOIST

 

« Le 10 juillet, 1944, vers 5h30, mon mari et moi avons été réveillés par deux coups de feu tirés à proximité de notre maison. Nous nous sommes levés aussitôt et nous avons constaté que notre maison et la ferme voisine étaient cernées par un grand nombre d’Allemands. Peu de temps après, une dizaine de ces soldats se sont présentés à notre domicile et se sont introduits de force dans nos appartements. Ils ont demandé à parler à mon mari, sous la menace de leurs armes. […]

 

Mon mari a présenté ses papiers aux soldats, ces derniers sont partis. Très peu de temps après, ils sont revenus en grand nombre et ont commencé à piller notre maison. Ils nous sont fait sortir presqu’aussitôt. Mon mari a été emmené directement à la ferme où se tenait le groupe de Résistance quelque temps avant. Les Allemands nous ont emmenés […], nous étions à peine vêtus. Ils nous ont conduits à ladite ferme qui brûlait en ce moment, nous ont placés face à un mur, avec défense absolue de faire le moindre geste.

 

C’est à ce moment-là que j’ai retrouvé mon mari qui avait été brutalisé car il portait à la joue […] une large plaie qui saignait. Comme il essayait de se tourner vers moi, les Allemands l’ont frappé à nouveau à grands coups de crosse dans le dos. Avec mon mari se trouvaient M. Morot et un jeune homme que je ne connaissais pas. Tous les deux ont été fusillés également. Au bout d’une heure, j’ai remarqué que les Allemands emmenaient ces trois hommes en direction de Chevannes. […]

 

Quant à nous, après nous sommes montés dans un camion, nous avons été conduits aux Loges de Montaron où nous avons assisté au pillage et à l’incendie de la maison de M. Gagnant. […] Nous sommes rentrés à nos demeures à 12 heures : la maison était complètement pillée.

Pendant que nous étions à la ferme, face au mur, j’ai remarqué les soldats allemands qui mangeaient goulûment des produits volés, d’autres jouaient de l’harmonica. Je n’ai plus revu mon mari, c’est la mardi 11 juillet que j’ai appris sa mort. Mon mari avait été littéralement criblé de balles et exécuté à Saint-Firmin.

 

Après le départ des Allemands, vers 14 heures environ, alors que je cherchais mon mari, j’ai découvert 9 cadavres dans les prés voisins. Ces cadavres étaient horriblement mutilés. »

 

(source : archives de l’A.R.O.R.M.)

Monument commémoratif de Montaron