Vendée et chouannerie, une page d’histoire

George Cadoudal

 Plus connu pour la forme de sa grosse tête carrée, sa ténacité à s’opposer à Bonaparte, que pour sa participation

à la guerre de Vendée, ce Morbihanais, fils de paysan aisé, se joint pourtant aux troupes vendéenne lorsqu’elles traversent la Bretagne. Il conduit ainsi quelques milliers d’hommes, facilitant leur marche vers Granville.

     Après l’échec de décembre 1793, il recomposera une troupe importante qui tient le Morbihan. Pour lui, la guerre continuera sans véritable interruption, passant de la guérilla rurale à la conspiration nationale, jusqu’à son exécution sous le Consulat, en 1804.

Jean Baptiste Carrier

 Né le 16 mars 1756 à Yolet près d’Aurillac, mort guillotiné le 16 décembre 1794 à Paris.

   C’est un homme politique, un des acteurs de la révolution française particulièrement  de terreur, son nom reste associé aux massacres de Nantes de 1793 et 1794.

    Ses succès militaires, amènent un nombre considérable de prisonniers, dont plusieurs milliers sont envoyés à Nantes et s’entassent dans les prisons.

     Il existe d’autre part un tribunal révolutionnaire formé dès mars 1793, qui continu d’opéré sous Carrier, les grands massacres concernent les prisonniers militaires de la fin décembre 1793 à la fin février 1794 2600 prisonniers sont fusillés.

     Il fait aussi mourir de nombreux condamnés en les faisant noyer dans la Loire procédé que Carrier appelait

la déportation verticale.

     Les moyens mis en œuvre pour les accomplir, consistait à des célébrations de mariages républicains en attachant les époux deux par deux en les lestant de pierres, puis en les faisant monter dans les barques préalablement désossées, au milieu du fleuve , on ouvrait les sabords et les barques coulaient; tout cela se passait la nuit.

  Au total sur 13 000 prisonniers détenus à Nantes 10 000 furent tués ou noyés et 3000 morts du typhus ou d’autres maladies.

Louis Marie Turreau

Louis Marie Turreau, né le4 juillet 1756 à Evreux et mort le 16 décembre 1816 à Conches-en-Ouche.

         Les  colonnes infernales de Turreau

    Après la bataille de Savenay, l’insurrection vendéenne semble définitivement matée, pas assez cependant de l’avis des députés de la Convention , c’est alors que le général Turreau un normand de 37 ans, présente un plan d’extermination de la Vendée.

  Mon intention est de tout incendier et de ne préserver que les points nécessaires pour établir nos cantonnements propres à l’anéantissement des rebelles. Cette grande mesure doit être prescrite par la Convention, moi je ne suis que l’agent du corps Législatif que vous représentez.

Vous devez également décider du sort des femmes et des enfants que je rencontrerai en ce pays révolté, s’il faut les passer tous au fil de l’épée; je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mettrait à couvert ma responsabilité.

    Ses interlocuteurs ne son pas convaincus par son argumentation, il écrit alors directement au Comité de Salut Public à Paris, la réponse vient enfin le 19 janvier 1794.

   Tu te plains, citoyen général de n’avoir pas reçu du Comité une approbation formelle à tes mesures: celle-ci lui paraissent bonnes et pures, mais,éloigné du théâtre d’opération, il attend des résultats pour se prononcer: extermine les brigands jusqu’au dernier, voilà ton devoir.

Jean Baptiste Kléber

JB Kéber -source : Muzéo

Célèbre général de la révolution, né à Strasbourg en 1753, fils d’ouvrier, il s’engage en 1732 et se trouve au siège de Mayence.

     Envoyé en Vendée, il entrait à Nantes le 6 septembre 1793 à la tête de l’armée qu’il ramenait de Mayence.

 Blessé à Torfou et toujours en contact avec les vendéens il partage avec Marceau le commandement des troupes républicaines et avec lui le 23 décembre gagna la bataille de Savenay dans laquelle l’armée vendéenne fut anéantie. Il fut assassiné au Caire en 1800.

La Virée de Galerne

Au soir de la bataille de Savenay, le 23 décembre 1793, Westermann annonce au comité de salut public la grande nouvelle: l’anéantissement total de la grande armée catholique et royale. Effectivement, sur les quelque 80 000 passés outre -Loire,ils ne seront pas plus de 4 000 à revoir la Vendée.Plus que jamais,le général s’est appliqué à mériter son surnom de <boucher de la Vendée>.

 Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains, exulte-t-il. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay, suivant les ordres que vous m’aviez donnés. J’ai écrasé  les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui , au moins pour celles-l’ à,n’enfanteront plus de brigands.

   Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher .J’ai tout exterminé… Les  routes sont semées de cadavres.Il y en a à Savenay; car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers, Kléber et Marceau ne sont pas là: nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n’est pas révolutionnaire

   Un exode forcé dépourvu de tout objectif.

    Pour expliquer  un pareil anéantissement,il convient de revenir sur les condition du passage de  la Loire.

  Même si nombre de Vendéens, et après eux leurs historiens, se sont évertués à couvrir cet exode d’un semblant de rationalité,il faut se rendre à l’évidence:  la proposition de Bonchamps le 13 avril à Tiffauges de créer une guérilla outre -Loire, n’a pas été suivie d’effet, et l’exode du 18 octobre est avant tout le résultat de la nouvelle stratégie républicaine, qui consiste à pousser les Vendéens contre  le fleuve afin de les contraindre à accepter la bataille décisive et de les anéantirent.

Ce qu’ils n’ont cependant pas prévu, c’est la <Virée de Galerne>, du nom du vent froid venu du nord, cette fuite outre -Loire à l’instigation semble-t-il du prince de Talmont, qui a des propriétés en Mayenne.On a également beaucoup glosé  sur les objectifs des Vendéens, de l’autre  côté du fleuve: obtenir,au nord, l’aide anglaise?

Faire la jonction à l’ouest avec les Bretons?

Foncer à l’est vers Paris? ou tout simplement  vers le sud , revenir au pays?

Ceux qui sont censés commander cette immense cohue ont âprement discuté ces différentes possibilités, l’emportant tour à tour, comme en   témoignage cette espèce d’immense signe de croix dessiné sur la carte  par la Virée de Galerne.

   Le 18 octobre, c’est donc  la foule  la plus hétéroclite qu’on puisse imaginer qui, profitant des basses eaux franchit le fleuve. Exode lamentable  de femmes d’enfants et de vieillards encombrés des quelques biens qu’ils ont cru pouvoir sauver des incendies et qu’ils devront bientôt abandonner.

Le massacre

 Le 28 février 1794, les républicains menés par Martincourt sous les ordres du général Turreau, divisés en deux colonnes, entrent sur le territoire des Luc-sur-Boulogne.

 La commune est scindée en deux paroisses: le Grand-Luc avec 2500 habitants et le Petit-Luc peuplé d’une centaine de personnes.

Face à l’arrivée  des colonnes, une partie de la population court se réfugier dans la chapelle du Petit-Luc.

  Mais les villageois ne sont guère en mesure de se défendre,la population présente compte principalement  des vieillards,des femmes, des enfants dont 109 ont moins de 7 ans.

La quasi-absence d’hommes adultes convainc les républicains que ces derniers ont participé aux combats sous les ordres de Charette.

   L’abbé Voyneau,curé du Petit-Luc,se présente alors aux soldats sur le chemin de la Malnaye ceux-ci se saisissent de lui, le torturent et l’éventrent.

Martincourt décide de ne pas faire de quartier, la chapelle étant trop petite pour contenir toute la population les soldats ouvrent le feu sur les personnes extérieur, puis afin d’économiser des cartouches ils lancent une charge à la baïonnette achevant les blessés.

Les survivant  se barricadent à l’intérieur de la chapelle les républicains incendient alors celle-ci.

  Un soldat républicain,nommé Chapelin s’écrit:

  <  Aujourd’hui,journée fatigante mais fructueuse,nous avons pu décalotter à peu de frais toute une nichée de calotins>.

   Il y eu au total 564 personnes massacrées en divers lieux des paroisses du Grand-Luc et du Petit-Luc.

Le mont des Alouettes

Pendant les guerres de Vendée de 1793 à 1796, le mont joue un rôle décisif:  il permet de connaître, depuis les collines des alentours, les mouvements ennemis, grâce à  la position des ailes des moulins.

François Joseph Westerman

 Né à Molsheim le 5 septembre 1751

Dit le <boucher de Vendée>.

    En mai 1793, il est envoyé en Vendée avec le grade de général de brigade, d’une bravoure et d’une énergie indomptable, il devient la terreur des royalistes tant il montre de sauvagerie et de ténacité dans les combats.

    Cependant , il fut plusieurs fois battu, notamment à Chatillon, mais pris sa revanche surtout au Mans et à Savenay.

     Après cette bataille, rappelé à Paris, il est arrêté avec son ami Danton, condamné à mort , il périt sur l’échafaud le 6 avril 1794.