Vendée et chouannerie , Il était une fois dans l’Ouest

Un peuple réfractaire

 Cholet, le 4 mars 1793. Toute la matinée voit affluer des

jeunes gens, en ce gros bourg qui fait figure de capitale des Mauges. Mais pas pour vendre leur produits locaux.

C’est pour des affaires plus graves. La veille en effet, à l’issue de la messe dominicale, dans les cabarets, le ton a monté, nous voulons réclament les Vendéens. Quoi cette révolution qui a supprimé la milice tant détestée, voilà qu’elle la rétablit  pour expédier 300 000 hommes faire à l’Europe une guerre qu’elle a elle-même déclaré! et elle prétendrait exempter du tirage au sort ses plus farouches partisans qui se son casés dans la nouvelle administration ou qui paradent dans leurs uniformes tout neufs de gardes nationaux !

Ceux-la même qui après avoir accaparé les biens du clergé,ont entrepris de persécuter les ( bons prêtres) le lendemain jour fixé pour commencer le mode de recrutement,une patrouille  de gardes nationaux est prise à partie par les paysans qui les désarment et blessent l’un deux .Mais d’autres se rameutent et tirent sur les paysans pour dégager leurs camarades,tuant trois émeutiers. Il ne savent pas encore que la guerre de Vendée a commencé.

  En quelque jours ,plusieurs petites armées se constituèrent nommant à leurs tête Charette de la Contrie lieutenant de vaisseau au Bois-de -Cené, le Marquis de Bonchamps à la Chapelle-Saint-Florent, ceux de Beaupréau forcèrent la main du lieutenant d’Elbée,le Pin-en Mauges plaça Cathelineau à sa tête,à Maulevrier Stoffet fut choisi pour chef.

  Henri de La-Roche-Jaquelein,Louis de Lescure, Gaspard de Marigny et le prince de Talmond devaient les rejoindre dans les semaines suivantes.

  Cette armée catholique et royale allait tenir tête pendant plus de neuf mois aux armées de la Convention.

Charles Artus de Bonchamps

Après avoir fait la guerre dans les Indes, Bonchamps s’établit dans un manoir des Mauges,où il vit du produit de ses terres.lorsqu’en mars 1793 les insurrections se déclenchent,il en prend rapidement la tête. Bon organisateur,il réussit à discipliner ses soldats dont il fait l’une des meilleures troupes blanche.

  Il participe ainsi à toutes les grandes batailles qui se déroulent en 1793.Il est blessé mortellement à la bataille de Cholet, le 17 octobre 1793.Transporté mourant à Saint- florent-le-Vieil, il empêche que ses soldats mettent à mort 5000 prisonniers bleus.

  Ce <<pardon de Bonchamps>> est immortalisé au XIX siècle par le monument que réalise David d’Angers, pourtant républicain convaincu, qui, de sa vie n’a jamais voulu statufier un prince ou un roi, mais remerciait ainsi  Bonchamps d’avoir laissé vivre son propre père, compris parmi les 5000 prisonniers bleus.

Jacques Cathelineau

Avec Charette et Henri de la Rochejaquelein Cathelineau,roturier généralissime,represente le troisième  chef majeur  de la Vendée.

Voiturier,colporteur,père de cinq enfants,il s’est fait remarquer dans sa paroisse du Pin-en -Mauges pour avoir pris la tête des processions réclamant le retour des prêtres réfractaires.

  En mars1793, des jeunes gens viennent lui demander de se mettre à leur tête.Non sans prévoir l’insuccès de l’entreprise,il accepte.Sa modestie,son autorité lui donnent rapidement une place particulière.Il est ainsi élu généralissime de l’armée catholique et royale le 9 juin.Mais lors de l’attaque de Nantes le 29 juin suivant, il est mortellement blessé.

   Il meurt le 14 juillet suivant .

 

François Athanase Charette de la Contrie

Charette a trente ans lorsque les paysans du Marais viennent le sortir de sa cachette,pour le mettre à leur tête.

     Cet ancien lieutenant de vaisseau de la marine royale vivait jusque-là agréablement de la chasse et des plaisirs champêtres.

     Il s’impose difficilement en 1793 et reste à l’écart des autres armées blanches.

     Il ne participe pas à la Virée de galerne et continu de guerroyer dans les Marais. Après 1794, il deviendra vraiment l’illustration de l’insurrection.Son habileté dans les combats son panache vont le mettre au premier plan.

     En 1795,il signera la paix de La Jaunaye avec les républicains tout en étant reconnu par Louis XVIII comme lieutenant général du royaume.En 1796,à 33 ans ,abandonné par ses troupes,il sera capturé et fusillé à Nantes.

Henri de la Rochejaquelein

Quand les jeunes paysans de son entourage lui demandent de se soulever avec eux, il a tout juste 20 ans.

   La demande ne le prend pas au dépouvu.Ce fils de grande famille noble ,élevé militairement, déjà sous-lieutenant de cavalerie,s’opposait sourdement à la Révolution.Son mot d’ordre ((Si j’avance suivez-moi,si je recule, tuez-moi , si je meurs,vengez-moi.))Il occupe rapidement une place essentielle en devenant en octobre 1793 le généralissime de l’armée catholique et royale.

   Il démontre son courage à la tête de la longue  colonne engagée en Bretagne dans la marche vers Granville.Rentré dans les Mauges, il sera tué au hasard d’une rencontre.

Louis de Lescure

Après la chute du roi, Lescure,qui appartient à la grande noblesse,quitte Paris et la cour avec sa jeune femme (qui deviendra plus tard la marquise de La Rochejaquelein, auteur des fameux mémoires) et vit retiré dans son château de Boismé ,près de Bressuire.

     Il ne participe pas aux premiers soulèvements, à partir d’avril 1793, mais est néanmoins emprisonné par les républicains qui le considèrent comme suspect; libéré par les  insurgés,il en devient l’un des principaux chefs, respecté pour ses convictions religieuses.

Au 15 octobre 1793, veille de la bataille de Cholet, il est mortellement blessé, il suit l’armée en Bretagne,transporté dans une voiture, il meurt à l’âge de 27 ans près de Fougères le 3 novembre suivant.

Jean-Nicolas Stofflet

D’abord,soldat dans l’armée royale puis garde-chasse du marquis de Colbert à Maulevrier,Jean-Nicolas Stoffet dirige dès 1793 des bandes armées dans les Mauges.

  En 1794, la disparition des principaux chefs nobles lui permet d’accéder à des fonctions plus importantes et de reconstituer une grande armée. Brutal, autoritaire et efficace, il parvient à crée un véritable petit royaume, il va même jusqu’à lancer une monnaie qui lui permet de régler ses dépenses.

La rivalité quasi permanente qui l’oppose à Charette empêche la Vendée de relever la tête.

En 1795, obligé, face à la fatigue de ses troupes, d’accepter la paix que Charette a signé au non de tous les vendéens, il reprendra la lutte sous la pression des émigrés. Il sera capturé et fusillé à Angers en 1796.

Maurice Gigost d'Elbée

Issu d’une famille de noblesse, d’Elbée vit retiré dans son petit manoir, lorsque les paysans l’oblige à prendre le commandement d’une bande insurgée.

Parti sans illusions, il s’en remet à la providence, c’est le mot qui lui revient souvent sur les lèvres.

Bon tacticien, il est avec Cathelineau, Bonchamp, Stofflet, l’un des chefs essentiel de l’armée catholique et royale.

En juillet 1793, il est élu général, grièvement blessé à la bataille de Colet, il se réfugie à Noirmoutier. Il sera capturé en décembre 1793 par les troupes de Tureau, jugé et exécuté dans son fauteuil.

Antoine Philippe de la Tremoille ,Prince de Talmond

Héritier d’une grande famille noble possédant de nombreuses terres en Mayenne et en Bretagne, Talmond est mêlé à la conspiration de la Rouêrie.

Il se lance dans la guerre de Vendée avec la fougue de la jeunesse. Il devient aussitôt commandant de la cavalerie vendéenne.

Son ardeur est cependant dangereuse, Talmond cause en partie la défaite des armées blanches à Nantes, il la conduit aussi dans l’improbable Virée de Galerne.

Parti avec quelques fidèles après les désastres de décembre 1793, il sera capturé par les républicains, jugé et exécuté davant les grilles de château de Laval.