Le Bolide – La météorite de L’Aigle

J’ai vécu les premières années de mon enfance dans une petite ville nommée « l’Aigle »  (Laigle jusqu’en 1961)

C’est une commune française, située au nord-ouest de la France, au confluent de la Risle , dans le département de l’Orne, en Normandie.

 Elle est la quatrième ville de l’Orne, bien qu’elle ne soit pas chef-lieu d’arrondissement (cette place revient à Mortagne-au-Perche).

Peuplée d’environ  8000 habitants ceux-ci se nomment les Aiglons. Elle est la capitale du pays d’Ouche.

Dans cette petite ville on s’intéresse aux météorites, au point de leur avoir consacré une exposition dans son musée.

 Pourquoi cet intérêt ?

C’est tout une histoire.

Le Six floral de l’an XI (26 avril 1803) vers 12h45 : des pierres tombent du ciel dans les environs de l’Aigle.

A cette époque, ce phénomène paraît bien mystérieux.

Depuis l’Antiquité, et jusqu’au XVIIIe, les chutes de météorites étaient considérées comme des prodiges ou des présages. Pour tous, il était impossible que des pierres tombent du ciel ! On les appelait pierres de foudre ou de tonnerre car on les voyait apparaître sous forme de bolide lumineux avec très souvent, un nuage noir.

Les habitants sont en émoi, certains racontent :

« On a vu tomber deux pierres dans la cour tout auprès de nous. L’une a sifflé en tombant : elle était brûlante, car la terre a fumé tout à l’entour. On n’a pas osé la retirer aussitôt tellement on avait peur ; on ne l’a retirée que le lendemain. »

On dépêcha alors Jean-Baptiste Biot (1774-1862), physicien, astronome et mathématicien, plus jeune membre de l’Académie des sciences (il y fait son entrée à 25 ans), qui mena une enquête, sur les ordres du ministre de l’Intérieur d’alors, pour en savoir plus sur l’origine des météorites…

Le 18 juillet 1803, après voir visité une vingtaine de villages près du point d’impact, Jean-Baptiste Biot rend compte de ses conclusions à l’ensemble de l’Institut.

Il met un point final à toutes les superstitions sur les origines prétendues des météorites : il prouve que les météorites tombent bien du ciel !

Cependant il fallut attendre le milieu du XIXe siècle pour que l’origine céleste de ces bolides soit acceptée, et qu’il s’agit bien de « Débris de planètes »

Comment définit-on  une météorite ?

  Les astrophysiciens nous disent :

C’est un fragment de matière cosmique, de composition métallique ou pierreuse, qui tombe sur la terre après s’être embrasé en traversant l’atmosphère.

(Il résulte de plusieurs centaines d’analyses, dues aux chimistes les plus éminents, que

les météorites n’ont présenté aucun corps simple étranger à notre globe.)

 (FLAMMARION,Astron. pop.,1880, p. 690).

Les météorites sont des corps célestes indépendants de la terre

 (VERNADSKY,Géochim.,1924, p. 18)

Ce corps rocheux d’origine extraterrestre  a survécu à la traversée de l’atmosphère et on le retrouve donc sur le sol (étoile filante)On pense qu’une immense météorite (plusieurs kilomètres de diamètre) a été responsable de la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d’années. On estime à 100000 tonnes la masse de micrométéorites et météorites tombant sur terre par an.

Une centaine de ces bolides dépassent même le quintal ! Ce phénomène a fourni aux astrophysiciens malins nombre de réponses qu’ils ne trouvent pas dans le ciel.

C’est ainsi qu’en 1953 l’analyse d’une météorite tombée sur l’Arizona permit de dater la naissance du système solaire à 4,55 milliards d’années.

Il existe une grande variété de météorites et pour mettre un peu d’ordre dans celle-ci, on a distingué trois grandes catégories.

  • Les Chondrites ordinaire
  • Les chondrites carbonées
  • Les Achondrites primitives
  • Les Achondrites HED, SNC
  • Les Achondrites métallo-pierreuses
  • Les Achondrites métalliques

Vu la très grande diversité d’objets retrouvés, une classification a été établie D’un point de vu très global, les météorites peuvent être regroupées, selon la chimie et les textures, en deux catégories : les météorites dites chondritiques, indifférenciées, sorte de mélange homogène silicate-métal, et les météorites achondritiques où il y a pu y avoir différenciation dans le corps parent

On trouve dans cette dernière catégorie aussi bien des météorites métalliques (noyau) que des météorites entièrement rocheuses (croûte ou manteau).

Les météorites chondritiques représentent 90% de la totalité des météorites.

Les Chondritiques

Comme leur nom l’indique, les chondrites sont des météorites constituées de chondres, petites billes où se mélangent silicates et métaux (minéraux de haute température), le tout « baignant » dans une matrice constituée de minéraux de plus basse température (riche en sulfures, carbonates, minéraux hydratés) et de CAI

On distingue trois grandes classes de chondrites :

 1. Les chondrites carbonées, riches en carbone, notées C

 2. Les chondrites ordinaires, les plus abondantes (95%), notées O

 3. Les chondrites à enstatite, riches en   pyroxène, notée E

Les Achondrites

 Sous le terme achondrites peuvent être regroupées toutes les météorites ayant connu une certaine différenciation, allant de la fusion partielle de matériel chondritique avec ségrégation du silicate fondu et du résidu (Achondrites primitives), à des échantillons très évolués tels que les eucrites (« croute » d’astéroïdes) ou les sidérites (météorites métalliques) et même des échantillons issus d’autres planètes. Seules les achondrites primitives ont gardé des compostions proches des chondrites.

Les météorites de Fer, quant à elles représenteraient le noyau de planétésimaux différenciés. Elles sont classées selon les teneurs en Ni, Ga, Ge ou Ir qui permettent de distinguer 12 groupes de météorites de Fer (Scott et Wasson, 1975, Weisberg et al, 2006)

 

Extrait de la thèse présentée et soutenue par  Guexignard Jérémy Le 23/11/2011

Université de Toulouse

Si vous ne passez pas par la Normandie, c’est au Muséum de Paris que vous pourrez admirer les météorites aiglonnes les plus importantes.

Certaines sont aussi déposées à Vienne, Londres, Budapest, Berlin, Bonn, Chicago, Stockholm, Washington, New-York, Dublin, en Australie, en Autriche, en Russie…

Dans toutes ces villes et dans tous ces pays, les musées exposent une partie des météorites tombées à l’Aigle

En savoir plus sur : -Jean-Baptiste Biot, La météorite de l'Aigle, éd. Bureau des longitudes, Paris, 2003. Prix : 8 €. En vente aux archives des Académies des sciences.

Les sources : – Canalacademie.com,- Normandie-tourisme.fr,- Bernard.Langellier,- Wikipédia