l’attentat de la rue St-Nicaise par Pierre Robinault de Saint Régeant

LES FAITS

 

Le 24 décembre 1800, une violente explosion ébranle un quartier du premier arrondissement . Une bombe , placée sur le trajet du premier consul qui se rendait à l’opéra,  vient d’exploser rue Saint Nicaise

Le bilan sera lourd 22 morts plus de 100 blessés

La machine infernale (une grosse quantité de poudre dans une barrique)  avait été placée sur une charrette tirée par une jument.
Napoléon est indemne. De nombreux témoignages de sympathie lui parviendront, notamment du pape , des cérémonies « pour remercier Dieu d’avoir préservé le premier consul du fer des assassins  » seront organisées

 

Napoléon est persuadé qu’il s’agit d’un  complot des Jacobins mais l’enquête révèlera une autre piste.

 

A partir des restes déchiquetés de la jument, on retrouve son vendeur, on identifie également le tonnelier puis l’acheteur .

L’enquête progresse: les coupables sont des royalistes . A le tête du complot Cadoudal et Pierre Robinault de Saint Régeant.

 

Il sera arrêté le 28 janvier 1801.
La justice est expéditive. Il meurt sur l’échafaud , guillotiné le 20 avril 1801.

 

Cet attentat est l’un des plus célèbres ayant eu Napoléon pour cible.

LE PERSONNAGE

Né à Lanrelas (Côtes d’Armor ) le 1er octobre 1766 il est le fils de Jacques Pierre et de sa troisième femme Jeanne Bonaventure de la Chesnaye de Timbrieux .

Il est très petit ( 1,40 m ) et faible de constitution.
Certains le dépeignent comme un homme très intelligent, très bien élevé, au caractère très doux .

Issu de la petite noblesse désargentée, il rentre dans l’artillerie de marine peu avant la révolution, émigre puis revient en Bretagne et fait partie des premiers mouvements de résistance en 1794.

acte de naissance

Il a sans doute un rôle important car les sommes qui lui sont allouées le sont.

Il refusera de signer le traite de Mabilais (traité de paix provisoire) comme 103 généraux chouans sur 125.

En juin 1795 le débarquement de émigrés commence dans le golfe du Morbihan , à Carnac et sur la presqu’île de Quiberon . Saint Régent conduit un détachement de « l’armée rouge » sous l’uniforme anglais

Il fera partie du détachement envoyé pour arrêter le comte de Puisaye auquel on reproche l’échec du débarquement de Quiberon.


En juillet 1795 Saint Régent commande une troupe de 300 à 400 soldats pour appuyer l’armée de Tinteniac qui devait aider le débarquement de matériel anglais dans les Côtes du Nord. Aprés la mort de Tinteniac, il harcèle les troupes républicaines.

 

Dorénavant sous les ordres de Cadoudal et de Mercier, il est à la tête de la division de Saint Meen. Arrêté alors qu’il était déguisé en femme, il s’évade de la prison de Loudéac dans la nuit.

 

Au printemps 1796, la légion de Saint Meen est assaillie par une division d’infanterie. De violents combats opposent les deux partis. Saint Régent sera blessé d’une balle au côté gauche.

Les chefs chouans se rendent l’un après l’autre. Cadoudal signe la paix le 19 juin 1796. Saint Regent semble ne jamais avoir déposé les armes.

 

Alors que la droite royaliste avait remporté les élections en avril 1797, en septembre une tentative de coup d’état annule le résultat de l’élection dans 49 départements de l’ouest.

 

En avril 1798 Saint régent s’embarque pour l’Angleterre avec Cadoudal. Il est décoré de la croix de Saint Louis et nommé colonel. Il regagne la Bretagne en aout et reprend les armes.
Pour trouver les fonds nécessaires à la chouannerie, il se spécialise dans les attaques à main armée avec beaucoup d’audace.

Quand en 1799, Cadoudal réorganise la chouannerie morbihannaise, il confie la 5ème légion (La Trinité Porhoët) à Saint Régent.

Il sera aux côtés du chef vendéen Mercier pour l’attaque de Saint Brieuc où étaient emprisonnés de nombreux royalistes.
Aprés cette attaque, il revient sur ses terres et poursuit les acquéreurs de biens nationaux

Les chouans ne sont plus soutenus par la population qui aspire à la paix.

une vie d’errance commence souvent déguisé en charbonnier ou en sabotier.

Après le coup d’état du 18 brumaire Bonaparte promet l’amnistie à tous les chouans qui déposeront les armes. Saint Régent continue le combat

Après avoir été nommé par le comte d’Artois général en chef de l’armée catholique et royale de Bretagne Cadoudal réorganise  la chouannerie en 9 régions et confie l’une d’elles à Saint Régent (contrée de Ploermel, Paimpont, Saint Meen, Brons, Merdrignac)

La victoire de Marengo arrête le plan de débarquement des anglais et les troupes de Saint Régent si elles n’attaquent plus les troupes régulières assassinent les patriotes.

Cadoudal demande à Saint Régent de se rendre à Paris pour une mission et il le charge avec trois autre d’assassiner Bonaparte : Ce sera l’attentat de la rue Saint Nicaise.

Il semblerait que Cadoudal n’ait pas été au courant de ce projet car il entra dans une colère noire en prenant connaissance des faits.
Lors de son procès, l’attentat ne fut d’ailleurs pas retenu comme charge contre lui