La Pierre d’Haudroy

Le 7 novembre 1918 à 20 heures et 20 minutes, l’avant-poste français situé dans la commune de La Flamengrie,dans l’Aisne, vit arriver quatre voitures dans lesquelles avaient pris place les plénipotentiaires allemands chargés des négociations pour la fin des hostilités et l’armistice.

Le monument inauguré en 1925

Le 7 novembre, vers 14 heures, un officier allemand, le lieutenant Von JACOBI, escorté de deux cavaliers se présente à l’avant-poste de la 3ème Compagnie du 1er Bataillon du 171ème Régiment d’Infanterie commandé par le capitaine NABAL.

Il annonce que les parlementaires allemands vont arriver en automobile. A 20 heures 10, sont signalés quatre véhicules.

Sur le premier flotte un drapeau blanc et un clairon allemand, Arthur ZOBROWSKI, debout sur le marchepied, sonne le  «cessez le feu».

Le monument reconstruit en 1948

Arrivé devant le capitaine LHUILLIER, le général Von WINTERFELD chef de la mission parlementaire se présente. Le capitaine français n’étant pas qualifié pour le recevoir, le prie de remonter dans son automobile, la deuxième, lui-même montant dans la première, pour le conduire au commandant des avant-postes où il est attendu par le lieutenant-colonel MARQUET du 171ème Régiment d’Infanterie et le commandant DUCORNEZ du 19ème bataillon de Chasseurs à Pied .

Sur ordre du capitaine LHUILLIER, le lieutenant HENGY demande au caporal Pierre SELLIER de sonner le «cessez le feu» et le «garde à vous». Ensuite monté sur le marchepied de l’automobile transportant le capitaine LHUILLIER, le caporal sonne le «refrain du régiment» et le «garde à vous» durant tout le trajet jusqu’au carrefour de La Capelle où se tient le commandant DUCORNEZ.

Puis les parlementaires sont conduit jusqu’à la villa Pasques.    Ils y sont reçus par l’envoyé du maréchal FOCH, le commandant De BOURBON BUSSET de l’État-major de la Première Armée. Après une entrevue d’une heure, prenant la tête d’un convoi  de cinq véhicules français, le commandant De BOURBON BUSSET, dans une voiture Delaunay, conduit la délégation     vers Homblières près de Saint-Quentin où elle arrive le               8 novembre à 1 heure du matin.

C’est en ce lieu, que le caporal clairon Pierre SELLIER de la 3ème Compagnie du 1er Bataillon du 171ème Régiment d’Infanterie sonna le «cessez le feu» et le «garde à vous» à l’arrivée des plénipotentiaires  allemands.

 

Un monument, construit en granit rose des Vosges, inauguré en 1925, fut érigé pour rappeler cet évènement, premier pas vers l’armistice signé quatre jours après, le 11 novembre 1918, dans la clairière de Rethondes de la forêt de Compiègne.

La Pierre porte les inscriptions :

«1918 – 7 NOVEMBRE 20 HEURES 20»

et

«ICI TRIOMPHA LA TENACITE DU POILU»

 

Situé à mi-chemin entre La Capelle et La Flamengrie, sur la route de La Capelle à Rocquigny, il est détruit par les allemands le 14 août 1940.

Reconstruit et   inauguré le  14 novembre 1948.

Son inscription au titre des Monuments Historiques date de 1998.

 

Caporal Pierre SELLIER

Le caporal Pierre SELLIER

Il est né à Beaucourt (Territoire de  Belfort) le 8 novembre 1892.

Lorsque la guerre est déclarée, il est déjà sous les drapeaux depuis octobre 1913 au 171ème Régiment d’Infanterie et n’est démobilisé que le 28 août 1919. De nouveau mobilisé en septembre 1939, il retrouve la vie civile en mai 1940.

En août 1944, Il rejoint la Résistance au maquis du Lomont sur le plateau de Montécheroux situé à environ 20 km de Montbéliard. A la Libération, il s’engage au 3ème RTA et participe à la campagne «Rhin et Danube» contre les allemands. Nommé adjudant, il est titulaire de plusieurs décorations et a été cité à l’ordre du Régiment et de la Division.

Il décède le 16 mai 1949 à Beaucourt, sa ville natale, âgé de 56 ans.

Quatre plaques sont apposées de part et d’autre du nouveau monument et relatent le passage de la délégation allemande.

Côté français

Capitaine Marius LHUILLIER

En 1918 il  a vingt-cinq ans et a obtenu pour ses faits d’armes an­térieurs la Croix de Chevalier de la

Légion d’Honneur et de nombreuses autres décorations et citations ainsi que la Croix de Guerre Belge.

 

Lieutenant Édouard HENGY

Adjoint du capitaine LHUILLIER à la 3ème compagnie du 171 ème RI. Il obtint Ia Croix de Gu erre et du Combattant ainsi que lis médailles interralliées et de Verdun et fut nommé Chevallier

de la Légion d’Honneur.

Commandant DUCORNEZ

Commandant le 19ème bataiIlon de Chasseurs à Pied en poste devant les lignes

ennemis.

Général Marie-Eugène DEBENEY

 

Commandant de la 1ère Armée en 1918. est c’est lui qui a prononcé en 1925 la célèbre phrase « C’est ici que triompha la ténacité du Poilu».

Lieutenant-coIonel MARQUET

Du mois d’août 1918 jusqu’à l’armistice, son régiment a participé au recul de l’ennemi et à la libéra­tion de la région de La Capelle.

 

Commandant François De BOURBON BUSSET

Appartenant à l’État-Major de la Première Armée, il est chargé par le Maréchal FOCH d’accueillir la délégation allemande à La Capelle.

Côté allemand

Matthias ERZBERGER

Ministre d’État

Homme politique et

journaliste, il est pré­sident de la délégation allemande.

Ambassadeur comte Alfred Graf Von OBERNDORFF

Représentant des Affaires étrangères

dans la délégation allemande.

Général-major Von WIINTERFELDT

Chef de la mission parlementaire qui se présente à La Capelle.

Il a été attaché mili­taire à l’Ambassade

d’Allemagne à Paris.

Il parle parfaitement le français .

Lieutenant Von JACOBI

est envoyé par le généraI allemand basé à Rocquigny..

Capitaine GEIGER

du grand état-major général

Capitaine de vaisseau Ernst VANSELOW

Représentant de la Marine dans Ia délégation allemande .

 

Maréchal des logis chef, clairon Arthur ZOBROWSKI

Sous-officier du 2ème Uhlands.

La villa Pasques

La villa Pasques, du nom de son premier propriétaire « Georges PASQUES » bâtie en 1900, en briques et parements blancs, est située route d’Hirson, au 13 rue de l’Armistice à La Capelle.

 Elle appartenait à la famille Panhard et fut le siège de la Kommandantur allemande jusqu’à sa libération par les soldats français en 1918.

Elle est maintenant propriété  de la ville de La Capelleet du Conseil Général de l’Aisne qui ont aménagé les deux pièces principales au rez-de-chaussée en musée.

Elle est depuis 1992 le siège de la Communauté de communes de la Thiérache du Centre.

Mes ancêtres, les branches NAVARRE et AUDRY habitaient au 17ème et 18ème siècle dans les paroisses de La Capelle et La Flamengrie. Cet évènement est arrivé sur les lieux où ils vécurent.

Sources :

Gallica  – Historique du 171ème Régiment d’Infanterie

            – Les Chasseurs de Grivesnes 1914-1918 – Épopée du 19ème  bataillon de   Chasseurs  à Pied

http://www.axsane.fr/Le-clairon-de-l-armistice.html

Monument au caporal Sellier à BEAUWELZ – Belgique